Violence within organizations in the health and medico-social sector. For a France-Romania comparative analysis

Résumé : La violence au travail se constitue en problème social au niveau international et relève selon l’OMS (2002) d’un défi planétaire. Dans le secteur sanitaire et médico-social, elle se dit de plus en plus fortement en préoccupation politique, institutionnelle et professionnelle. C’est le cas en France et en Roumanie. Pour autant, les figures que recouvre ce phénomène dans chacun de ces deux pays sont-elles identiques ? C’est ainsi une comparaison que nous envisageons. L’objectif de cet article est de poser le cadre théorique et méthodologique de la comparaison, en précisant les segments étudiés, après avoir identifier d’éventuelles particularités nationales dans la manière d’appréhender la violence dans le secteur sanitaire et médico-social. Pour éviter de tomber dans le piège de l’ethnocentrisme, nous choisissons de construire une définition de la violence à partir, non pas de catégories pré-définies, mais du vécu de l’individu, en l’occurence, ici, les soignants, qui seront au coeur de cette recherche comparative. La thèse de la recherche est la suivante : l’expérience de violence des professionnels de santé est liée aux spécificités de l’organisation (qui nécessite d’étudier les rapports sociaux de travail) et de la relation de service (qui conduit à analyser les relations usagers/professionnels) dont les transformations sont spécifiques à chacun des contextes nationaux. Le premier objectif de cette recherche est un objectif de connaissance : quelle est la prévalence du phénomène dans chacun des deux pays retenus ? Comment se décline-t-il dans chaque contexte national ? Quelles sont les figures que prend la violence d’un pays à l’autre ? Peut-on identifier des figures communes ? Des spécificités nationales apparaissent-elles ? Le second objectif est explicatif ; nous chercherons à identifier les facteurs en fonction desquels varie l’expérience de violence des professionnels. Nous émettons comme première hypothèse que l’expérience de violence est d’autant plus forte (au niveau individuel) et plus répandue (au niveau d’un service, d’une unité ou d’un établissement) que le rapport au métier des soignants est éloigné des conditions d’exercice du métier d’une part et des attentes institutionnelles d’autre part. Nous émettons comme deuxième hypothèse que l’expérience de violence varie en fonction du type de réponses données par l’organisation à la violence, l’absence de réponse exacerbant le sentiment de violence. Nous émettons comme troisième hypothèse que l’expression victimaire varie en sens inverse du sentiment de reconnaissance institutionnelle et professionnelle des soignants. Pour appréhender le vécu des soignants, et en cohérence avec l’approche épistémologique retenue, nous réaliserons une enquête de victimation demandant aux enquêtés ce qu’ils vivent comme violence dans l’exercice de leur métier, tout en recueillant des données sur leur métier (travail prescrit, travail réel, idéologie professionnelle), les relations au sein du service et avec les usagers et leurs proches, et enfin des données sur l’organisation (service, unité, établissement) et son fonctionnement.
Type de document :
Article dans une revue
Management and Public Administration Review, Recunoscuta de CNCSIS prin Decizia 2016, pp.123-142
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Contributeur : Cécile Carra <>
Soumis le : vendredi 16 décembre 2016 - 20:37:26
Dernière modification le : jeudi 29 novembre 2018 - 16:36:03

Identifiants

  • HAL Id : hal-01418729, version 1

Citation

Cécile Carra, Sorin Burlacu, Daniel Faggianelli. Violence within organizations in the health and medico-social sector. For a France-Romania comparative analysis. Management and Public Administration Review, Recunoscuta de CNCSIS prin Decizia 2016, pp.123-142. 〈hal-01418729〉

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