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Conference papers

Annotation de la cohérence dans des textes d’élèves et jugements de cohérence d’enseignants du primaire ou du secondaire

Résumé : Depuis l’article fondateur de Michel Charolles (Charolles, 1978) dans lequel il explicite des règles de cohérence textuelle en s’appuyant sur des textes d’élèves défaillants pour diverses raisons, de nombreux travaux de recherche en didactique du français ont mis en évidence les difficultés des enseignants à identifier de façon précise les problèmes de cohérence et de cohésion textuelle dans des textes d’élèves et à formuler dans les marges des copies des annotations précises et formatrices (Charolles, 1978 ; Halté, 1984 ; Rondelli, 2010 ; Elalouf, 2016 ; Garcia-Debanc, soumis). Rondelli (2010) s’est attachée à l’étude du jugement de cohérence à partir d’une analyse des annotations et des commentaires portés par des enseignants d’école primaire sur 325 textes d’élèves. Elle déduit de ses observations des lignes de force pour la formation des enseignants pour les aider à pratiquer une évaluation moins strictement locale et à prendre en compte des configurations textuelles, avec une gestion de différents niveaux de contraintes textuelles. Cependant, les besoins de formation dans ce domaine restent importants. Garcia-Debanc (soumis) propose, décrit et analyse des scénarios de formation continue d’enseignants permettant de travailler les critères de cohérence et cohésion en appui sur le corpus RESOLCO, qui propose une tâche-problème d’insertion de phrases dans un récit. Cette tâche d’écriture, qui a donné lieu à la constitution d’un corpus d’environ 500 textes d’élèves d’école primaire et de collège dans le cadre du projet E-Calm, impose en effet de résoudre des problèmes de cohérence-cohésion pour la rédaction d’un texte narratif (pour la présentation de la consigne, voir Garcia-Debanc et Bonnemaison, 2014 ; Garcia-Debanc et al, 2017). Les contraintes linguistiques imposent la résolution d’anaphores de différents types : pronoms personnels anaphoriques (il, elle), groupes nominaux comportant un déterminant démonstratif (cette maison, ce grand bruit) ou un article défini à valeur générique (les enfants) et autres éléments imposés, notamment des indications temporelles (depuis longtemps, la nuit). Les enseignants ont à concevoir et à mettre en place des dispositifs d’écriture et de réécriture pour aider les élèves à réussir à intégrer ces éléments dans un texte cohérent et cohésif. Notre contribution se propose de croiser (a) les analyses formelles de la cohérence selon la SDRT (Segmented Discourse Representation Theory, Asher et Lascarides, 2003) d’un échantillon de textes d’élèves du corpus RESOLCO et (b) les jugements de cohérence et cohésion formulés par des enseignants d’école primaire et de collège sur ces mêmes textes. La cohérence est envisagée comme une propriété de la représentation de discours que se construit celui qui interprète le texte tout au long de sa lecture. Elle se situe ainsi du côté du processus cognitif de réception des textes (Charolles 1995). La méthodologie d’annotation en SDRT a été présentée dans deux publications réalisées au cours du projet Ecalm (Bras et al. 2021, Bras et Vieu, sous presse) et une autre communication de ce colloque (Bras, Vieu). L’application de cette méthodologie d’annotation, antérieurement utilisée pour des textes d’expert.e.s dans le projet ANNODIS (Asher et alii, 2017), à des textes d’apprenant.e.s, dont la compétence rédactionnelle est en cours d’acquisition, a nécessité des ajustements de la théorie. L’analyse réalisée au cœur du projet E-Calm a permis de mesurer le degré d’incohérence en typant et en quantifiant les points d’incohérence. A été défini à cet effet un jeu d’étiquettes pour une dizaine de types de « problèmes de cohérence », ce qui a donné lieu à la rédaction du guide d’annotation correspondant. Trois types d’indicateurs ont été définis : le nombre de « problèmes de cohérence » annotés, le nombre d’UDE non rattachées à une autre UDE et le nombre d’impossibilités d’inférence d’une relation de discours. Ils ont été cumulés en un taux de « points d’incohérence ». Pour chacun des textes analysés, un graphe correspondant à l’annotation permet d’appréhender la structure globale du texte et notamment de visualiser son niveau de complexité structurelle et les nœuds d’incohérence. Dans le corpus livrable du projet E-Calm, constitué de 36 textes d’élèves de CE2, 6ème et 3ème, segmentés, doublement annotés (en relations de discours et en problèmes de cohérence) et accompagnés des graphes présentant leur structure de discours, six textes d’élèves de trois niveaux scolaires différents et attestant de points d’incohérence ont été choisis par les annotatrices de la tâche cohérence et soumis à l’évaluation d’enseignants, dans le cadre d’ateliers de formation continue. Les enseignant.e.s avaient à « corriger ces textes comme [ils en ont] l’habitude ». La chercheuse qui proposait la correction de ces textes n’avait pas connaissance des problèmes de cohérence identifiés par les annotatrices de la tâche cohérence. Les productions écrites annotées par les enseignant.e.s ont été collectées. Ces données ont été complétées par des entretiens avec les enseignant.e.s ayant rédigé ces annotations, de manière à leur faire expliciter les fondements de leurs jugements de cohérence. La contribution mettra en regard l’analyse des graphes de ces textes et les annotations et commentaires des enseignants. Cette analyse comparative vise tout d’abord à valider le modèle d’analyse et à l’affiner. Les incohérences visualisées dans les graphes dessinés à l’issue de l’analyse linguistique sont-elles également perçues par les enseignant.e.s confronté.e.s à la lecture de ces mêmes textes ? Quelle est la saillance des différents types d’incohérence dans le jugement porté par les enseignant.e.s ? Nous nous demandons aussi dans quelle mesure ces analyses linguistiques et ces graphes peuvent constituer des contenus de formation permettant aux enseignants d’objectiver leurs intuitions linguistiques et de développer leurs connaissances sur la cohérence et la cohésion textuelle. Enfin, dans un enjeu d’utilisation des corpus de textes d’élèves à des fins de formation, nous nous demandons si l’identification des différents types d’incohérence pourrait aider les formatrices et formateurs d’enseignants à sélectionner des textes d’élèves présentant telle ou telle caractéristique par rapport à la maitrise de la cohérence textuelle, pour pouvoir les exploiter dans des activités de formation.
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https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-03763804
Contributor : Laure Vieu Connect in order to contact the contributor
Submitted on : Monday, August 29, 2022 - 6:45:35 PM
Last modification on : Wednesday, September 28, 2022 - 4:20:11 PM

Identifiers

  • HAL Id : hal-03763804, version 1

Citation

Claudine Garcia-Debanc, Myriam Bras, Laure Vieu. Annotation de la cohérence dans des textes d’élèves et jugements de cohérence d’enseignants du primaire ou du secondaire. Colloque E-CALM : Analyser de larges corpus scolaires et universitaires : des questions pour la recherche et pour la formation (2022), Jun 2022, Bordeaux, France. ⟨hal-03763804⟩

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