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Le musicien raté dans les critiques musicales d’Adolphe Adam et Hector Berlioz

Résumé : Adam et Berlioz symbolisent deux esthétiques musicales radicalement opposées sous la monarchie de Juillet, l’éphémère Seconde République et le Second Empire. Auteur de nombreux opéras-comiques et ballets à succès, Adam considère que le premier devoir d’un compositeur est la satisfaction de son public, un contentement qui se traduit de manière prosaïque par l’importance des recettes théâtrales au soir de chaque représentation et par le nombre de représentations de chaque ouvrage. Berlioz affirme au contraire que la musique n’est pas faite pour tout le monde et qu’elle s’adresse à un public d’élite. L’auteur du Chalet et de Giselle privilégie une musique caractérisée par des mélodies simples, chantantes et faciles à retenir, la récurrence de rythmes de danses et une écriture conventionnelle, alors que l’auteur de la Symphonie fantastique multiplie les audaces musicales, notamment sur les plans de la syntaxe harmonique, du rythme et de l’orchestration. La seule raison pour laquelle Adam s’est consacrée de manière professionnelle à la critique musicale est une spéculation théâtrale malheureuse à la veille de la Révolution de 1848, et non le manque de succès de ses ouvrages. Berlioz, en revanche, a exercé dès le début de sa carrière la profession de critique musique, à défaut de pouvoir vivre décemment des droits d’auteur de ses propres compositions, ses rares essais de créations sur les scènes de l’Opéra et de l’Opéra-Comique ayant tourné au fiasco. Il n’est dès lors pas étonnant que les deux hommes se soient considérés réciproquement comme des musiciens ratés et aient défendu des points de vue irréconciliables, l’ironie du destin voulant que ce soit précisément Berlioz qui récupère le quatrième fauteuil de composition musicale libéré par la mort d’Adam en 1856 au sein de l’Académie des beaux-arts de l’Institut de France. L’étude de l’opposition esthétique entre le porte-parole de l’école française de l’opéra-comique et le seul grand compositeur romantique français permet de mieux contextualiser l’originalité de l’apport berliozien dans la vie musicale parisienne au milieu du XIXe siècle.
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https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-03127687
Contributor : Matthieu Cailliez Connect in order to contact the contributor
Submitted on : Monday, February 1, 2021 - 4:12:49 PM
Last modification on : Thursday, September 29, 2022 - 4:53:04 AM

Identifiers

  • HAL Id : hal-03127687, version 1

Citation

Matthieu Cailliez. Le musicien raté dans les critiques musicales d’Adolphe Adam et Hector Berlioz. Emmanuel Lascoux, Stéphane Lelièvre, Marie-Hélène Rybicki (dir.). Le Musicien raté, Éditions Aedam Musicae, p. 83-102, 2022, 978-2-919046-86-7. ⟨hal-03127687⟩

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