Dancing with the Devil. Panorama des “metal studies”

Résumé : Comment la musique des Black Sabbath, Metallica, Sepultura ou Tool a-t-elle donné lieu à la création d'un nouveau champ académique ? Cet essai présente les metal studies comme un champ caractérisé par un réseau mondialisé de chercheurs tiraillés entre les impératifs de scientificité et des imaginaires marginaux. « Nous vivions dans une ville morne, polluée et lugubre et cela nous enrageait. Pour nous, tout le trip hippie, c'était des conneries. La seule fleur à Aston ornait une tombe. Alors on s'est dit qu'on allait foutre les boules au monde entier avec de la musique ». Ozzy Osbourne, cité in Cope, 2010 : 30 Genre musical né à la fin des années 1960, progéniture dissidente de la contre-culture, le heavy metal ne fut pas promis à un brillant avenir par les critiques qui avaient lutté pour légitimer le rock. L'emphase sur le volume, la simplicité des structures musicales, l'oubli du blues mais aussi l'apparente dépolitisation du genre allaient à rebours de l'idéologie qui avait canonisé le rock. Pourtant, plus de quarante ans plus tard, le heavy metal se porte bien, il s'est décliné en une très grande variété de sous-genres, qui ont exploré un spectre très large de ressources musicales et phonograpiques, et s'est incarné en une multiplicité de manières d'être. Et suivant la carrière intellectuelle du rock, la culture metal est désormais objet d'analyse universitaire. Comment s'est constitué ce nouveau champ d'étude ? S'agit-il bien d'un champ spécifique, ou simplement d'un nouvel avatar des cultural studies ? Quels sont les problèmes spécifiques que les musiques et les cultures metal posent à la recherche en sciences sociales ? Naissance d'un objet d'étude Les premiers travaux Il y a un peu plus de vingt ans paraissait la première étude en new musicology du metal. Robert Walser, Professeur et Directeur du Département de Musicologie de l'Université de Californie à Los Angeles, osait simplement considérer l'une des musiques les plus décriées au monde, le heavy metal, au rang d'objet digne d'une analyse sérieuse. Il mettait ainsi en lumière la grande virtuosité technique de certains guitaristes du genre. Par ailleurs, en articulant musicologie et analyse des pratiques et des représentations culturelles, il se confrontait à une mythologie négative qui condamnait le metal. D'abord parce que les pratiquants étaient considérés comme des musiciens ignares et sans talent baignant dans une ridicule sous-culture consumériste, de l'autre parce que les auditeurs étaient perçus comme des adolescents dépressifs, pantins hagards à la merci des premiers. Deux ans plus tôt, Deena Weinstein, alors Professeur de sociologie à l'Université de Chicago, avait publié les résultats
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Contributor : Jedediah Sklower <>
Submitted on : Friday, July 12, 2019 - 2:14:02 PM
Last modification on : Tuesday, September 24, 2019 - 8:38:02 AM

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Guibert & Sklower - Metal Stud...
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Gérôme Guibert, Jedediah Sklower. Dancing with the Devil. Panorama des “metal studies”. La vie des idées, La Vie des Idées, 2013. ⟨hal-02181857⟩

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