L’apport des méthodes procédurales pour modéliser la forme des villes

Résumé : La modélisation urbaine répond à la fois à un enjeu théorique de compréhension de l’urbain mais également à un enjeu opérationnel d’aménagement de ces espaces (Antoni, 2013). Au sein de ce champ de recherche, la modélisation du cadre spatial urbain, c’est-à-dire des infrastructures et du bâti, qui donnent à la ville une forme et une structure, occupe une place importante. Un socle théorique solide existe autour de cette question, d’abord sous forme de modèles archétypaux, puis complété depuis quelques décennies par des développements techniques en matière d’acquisitions, de traitements et d’affichage de données. Aujourd’hui, les outils de modélisation et notamment les SIG (systèmes d’information géographique) permettent d’obtenir de manière relativement aisée une représentation informatique fidèle et quasi-exhaustive des villes en deux, voire en trois dimensions. Pour autant, ces outils restent généralement des outils de représentation et non de conception : s’il est possible de modéliser le cadre spatial d’une ville réelle, il est pour l’instant difficile de modéliser celui d’une ville fictive (Lucas, 2016). Or, ce manque demande à être résolu pour penser et préparer les enjeux de la ville de demain. Dès les années 90, plusieurs auteurs soulignaient déjà l’importance de la construction d’un cadre théorique, affranchi des spécificités territoriales propres à chaque cas d’étude, pour établir de manière concrète une causalité entre ville durable et politiques d’utilisation des sols (Banister, Watson et Wood, 1997). Dans ce contexte, l’objectif est de répondre à cette question : comment et avec quel(s) outil(s) est-il possible de modéliser l’ensemble des éléments relatifs à l’infrastructure d’une ville théorique ? Pour y répondre, la modélisation procédurale, technique émergente dans la création de monde pour les jeux-vidéo, est ici adoptée. Alternative à la création manuelle, longue et fastidieuse, elle permet de générer automatiquement un grand nombre d’environnements urbains en s’appuyant sur un ensemble de règles définies par l’utilisateur. L’utilité et les performances des différentes méthodes procédurales sont présentées puis illustrées au travers d’un exemple de construction de ville théorique dans le logiciel CityEngine (Parish et Müller, 2001), outil de référence en la matière. L’intérêt des méthodes procédurales pour la modélisation des formes urbaines est de permettre de produire de produire rapidement des cadres urbains entièrement contrôlés par un ensemble de paramètres, sans données préalables nécessaires et qui ne se limitent pas à une simple reproduction de la réalité. Ce cadre sera ensuite complété de modèles de fonctionnement urbain, tels que les modèles LUTI.
Document type :
Conference papers
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https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-02066581
Contributor : Théoriser Et Modéliser Pour Aménager (umr 6049) Université de Bourgogne Franche-Comté <>
Submitted on : Wednesday, March 13, 2019 - 3:11:47 PM
Last modification on : Thursday, March 28, 2019 - 4:22:47 PM

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  • HAL Id : hal-02066581, version 1

Citation

Maud Haffner. L’apport des méthodes procédurales pour modéliser la forme des villes. Quatorzièmes Rencontres de Théo Quant, Laboratoire TheMA - UMR 6049, Feb 2019, Besançon, France. ⟨hal-02066581⟩

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