« L’obsolescence déprogrammée : prendre le parti des choses pour prendre le parti des hommes. Fablabs, makers et repair cafés»

Résumé : Techniques et Culture 2016, 65-66 « Réparer le monde : excès, reste et innovation» https://tc.revues.org/7912 GOYON Marie « L'obsolescence déprogrammée : prendre le parti des choses pour prendre le parti des hommes. Fablabs, makers et repair cafés» Résumé : cet article interroge la dimension politique de la seconde vie des objets et matières, à travers la réparation et la « bidouille » dans les mouvements fablabs, makers et repair cafés. S'ils peuvent être divers par la sociologie des acteurs, lieux et historiques de création, nous nous demanderons le commun de ces lieux n'est pas de développer une forme d'utopie sociale interrogeant le transfert d'expériences et de savoir-faire entre de traditionnels experts de la conception et de la fabrication (ingénieurs et designers en particulier) et le « grand public », à travers un mouvement qui prône la participation et l'open source. Une forte dimension proprement anthropologique et politique se déploie dans ces initiatives, dans le rapport au corps et à l'expérience du « faire », par la réappropriation de la technologie et des outils de production et conception d'objets. L'exemple d'un « laboratoire de l'obsolescence déprogrammée » au sein d'un fablab lyonnais fonde le support de cette analyse qui interroge les notions de « démocratie technique » et de « désobéissance technologique » par le travail sur les rebuts ou restes. Mots-clés : fablab, démocratie technique, savoir-faire, bricolage, obsolescence programmée Il est établi que les objets ont une vie sociale, affective et sensible dont on peut retracer le parcours biographique (Appadurai, 1986). Ils ont parfois une « seconde vie » par l'intermédiaire de dispositifs divers, prenant la forme de détournement (artistique comme par exemple le travail précurseur de Marcel Duchamp), de recyclage, de métissage ou de façon plus directe de deuxième vie d'usage (le marché de l'occasion et de la « seconde main »). Ils peuvent également revivre en tant que matières, passant du statut de rebuts, déchets à celui de ressources. Dans le cadre de cet article j'interrogerai plus précisément la dimension politique de la seconde vie des objets, à travers la réparation, le bricolage ou « bidouille » et le recyclage. Nous verrons que les choses et les hommes développent actuellement des rapports sous de nouvelles formes d'organisation, à travers les mouvements des Fablabs, des makers et des repair cafés. S'ils peuvent être divers par la sociologie des acteurs, lieux et historiques de création, ces lieux associatifs nous semblent avoir en commun de développer une forme d'utopie sociale, essor ayant le mérite d'interroger la question des transferts d'expériences et de savoir-faire entre de traditionnels experts de la conception et de la fabrication (ingénieurs et designers en particulier) et le « grand public », à travers un mouvement qui prône la participation et l'open source. C'est ainsi autant une forte dimension proprement anthropologique, dans le rapport au corps et à l'expérience du « faire » qui semble se développer, en même temps qu'une possible alternative économique et politique vue par
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Article dans une revue
Techniques et Culture, 2016
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Contributeur : Marie Goyon <>
Soumis le : vendredi 25 janvier 2019 - 10:58:14
Dernière modification le : jeudi 14 février 2019 - 17:29:29

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Marie Goyon. « L’obsolescence déprogrammée : prendre le parti des choses pour prendre le parti des hommes. Fablabs, makers et repair cafés». Techniques et Culture, 2016. 〈hal-01993911〉

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