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Tensions discursives et construction d’une figure féminine rebelle en contexte scolaire

Résumé : Tensions discursives et construction d'une figure féminine rebelle en contexte scolaire Selon le Ministère de l'Intérieur (2016), sur les 15 000 noms qui figurent au fichier des radicalisés 1 , 1954 sont des mineurs (soit 18%) dont une majorité de filles. En 2014 les femmes représentaient 10% des départs vers la Syrie ou l'Irak ; en 2016 elles constituent 35% du contingent de djihadistes français (1/3 d'entre elles sont des converties à l'Islam). On estime à ce jour que 220 françaises opèrent dans les rangs de l'État islamique. Leurs fonctions au sein de cette organisation sont multiples : combattantes, incitatrices, mères et donc formatrices d'une nouvelle génération d'embrigadé.e.s 2. Les profils de ces femmes sont divers ; elles sont diplômées ou pas, convaincues ou en quête d'un idéal, mariée ou à marier et les discours diffusés par les recruteurs s'adaptent à leur désir d'engagement. Bouzar et Martin (2016 : 356-357) ont modélisé six thématiques discursives qu'elles appellent « motifs d'engagement ». Trois d'entre elles semblent viser plus spécifiquement les jeunes femmes. Le « mythe de Daechland », face à « un sentiment de relégation ou d'injustice vécue », va dans le sens de la recherche d'une « communauté de substitution dans une société fraternelle et solidaire » ; le « mythe de Mère Teresa » fait écho à la recherche d'un « idéal humanitaire pour voler au secours des victimes de la guerre en Syrie », notamment les enfants ; le « mythe de la Belle au bois dormant » propose de trouver « conjoint idéal » aimant et protecteur dans la « pureté d'un amour conjugal ». Face à ces modèles de discours, qui donnent à voir une femme bienveillante, idéaliste et pleine d'humanité, on ne peut aujourd'hui nier des motivations qui relèvent du combat et de la prise d'armes, autour de ce que l'on pourrait identifier à une figure de « guerrière ». « L'époque où les femmes de l'État islamique ne combattaient pas est désormais révolu » (Thomson 2016 : 182). Au cours de l'année scolaire 2016-2017, nous avons mené une enquête ethnographique au sein d'un lycée de l'agglomération grenobloise, dans un quartier dit « populaire » et auprès d'une classe de seconde pour essayer d'apporter des éléments de réponse à la question suivante : Les tensions idéologiques en circulation et les assignations dans les discours sur le féminin peuvent-elles participer de la construction d'une femme « rebelle » ? Il s'agit de voir comment un discours, qui mobilise des thématiques autour d'un féminin « rebelle », « dans l'opposition », s'alimente des idéologies circulantes et des tensions à l'oeuvre dans un espace discursif singulier, celui du contexte scolaire 3 .
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https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01972742
Contributor : Claudine Moïse Connect in order to contact the contributor
Submitted on : Monday, January 7, 2019 - 8:10:17 PM
Last modification on : Thursday, February 3, 2022 - 9:34:06 AM
Long-term archiving on: : Monday, April 8, 2019 - 7:06:25 PM

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  • HAL Id : hal-01972742, version 1

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Claudine Moïse, Martine Pons. Tensions discursives et construction d’une figure féminine rebelle en contexte scolaire. Éditions Lambert Lucas. Identités, conflits et interventions d’ordre sociolinguistique, pp.259-266, 2018. ⟨hal-01972742⟩

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