La résilience de l’érosion du sol en réponse à l’évolution des occupations culturales du sol en contexte viticole (Monthelie, Côte de Beaune)

Résumé : Les événements naturels extrêmes sont à l’origine de l’essentiel du transfert de matière observé sur les versants. Outre des enjeux sociétaux et économiques, ces événements peuvent également avoir des répercussions environnementales et culturales irréversibles en modifiant les répartitions spatiales des surfaces cultivables, en affectant aussi bien quantitativement que qualitativement les sols de ces versants. Il apparaît donc essentiel de comprendre, quantifier et prévoir les transferts de matière sur les versants en réponse à des événements naturels extrêmes. Parmi les différents contextes agricoles, les versants viticoles sont reconnus comme des versants particulièrement sensibles à l’érosion. A ce jour, il est reconnu que la topographie joue un rôle majeur dans les processus érosifs sur ces versants à l’échelle de la parcelle. Cependant, elle n’explique pas l’hétérogénéité spatiale des vitesses d’érosion que l’on peut observer au sein d’une même parcelle. Dans ce contexte anthropisé, l’objectif de ce travail est d’étudier les arrière-effets de pratiques culturales anciennes sur l’érosion des sols sur l’exemple d’une parcelle viticole située à Monthelie (Côte de Beaune). Cette parcelle d’un hectare, plantée en 1972, est entretenue de façon mécanique par désherbage chimique. Les rangs sont parallèles à la pente. La quantification de l’érosion a été effectuée par la méthode de SUM basée sur la mesure du déchaussement des ceps de vignes en 2004 et 2011 (Stock Unerathing Measurement, Brenot et al., 2008). Sur cette parcelle, le SUM atteint -25cm et la vitesse moyenne d’érosion est de 1,1 mm/an. L’érosion présente de nombreux motifs linéaires non corrélés avec la pente et à l’orientation actuelle des rangs. Pour comprendre l’origine de cette hétérogénéité spatiale, un SIG intégrant les valeurs spatialisées de l’érosion, des photographies aériennes actuelles et anciennes, des plans cadastraux, ainsi qu’une carte de résistivité a été élaboré. L’analyse combinée des cartes d’érosion et des photographies aériennes montrent que ces hétérogénéités correspondent aux motifs d’un ancien parcellaire. Cette hypothèse est confortée par les mesures de résistivité électrique du sol. Elles montrent une bonne corrélation entre les zones de faible résistivité et les valeurs de faible érosion. Par ailleurs, l’acquisition d’une nouvelle carte d’érosion établie en 2011 montre la persistance temporelle du motif érosif lié au paléo-parcellaire, et montre également que l’érosion actuelle est contrôlée par la pente et les labours. L’homogénéisation des sols par les labours successifs pourrait aboutir à une disparition progressive de l’érosion différentielle liée au paléo-parcellaire au profit de la pente. Cette étude permet d’illustrer la résilience des sols et de l’érosion en réponse aux pratiques culturales passées.
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https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01116803
Contributor : Emmanuel Chevigny <>
Submitted on : Sunday, February 15, 2015 - 9:56:13 AM
Last modification on : Friday, September 14, 2018 - 9:56:08 AM

Identifiers

  • HAL Id : hal-01116803, version 1

Citation

Emmanuel Chevigny, Amélie Quiquerez, Christophe Petit. La résilience de l’érosion du sol en réponse à l’évolution des occupations culturales du sol en contexte viticole (Monthelie, Côte de Beaune) . 13e Congrès Français de Sédimentologie, Nov 2011, Dijon, France. 〈http://congres-sedimentologie.u-bourgogne.fr/〉. 〈hal-01116803〉

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