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L'influence contrariée des 'privés d'emploi' dans la CGT

Résumé : La CGT présente en France la particularité d'être la seule centrale syndicale à organiser en son sein les chômeurs en tant que composante spécifique du salariat et ce, depuis maintenant plus de trente ans. Ainsi, et bien que certains de ses militants se soient également investis au niveau local dans la création d'associations de chômeurs (comme l'APEIS), pensant que le cadre syndical se révélait trop rigide, la CGT a permis, en interne, la structuration progressive d'un comité de " privés d'emploi ". Ce dernier a réussi à s'imposer, aux côtés d'acteurs associatifs, comme l'une des quatre composantes (avec AC !, l'APEIS et le MNCP), d'un mouvement social spécifique, celui des chômeurs. Depuis sa création et surtout depuis le mouvement de l'hiver 1997-98, ce comité de " privés d'emploi " occupe une position singulière. Dans un espace de mobilisation où ses alliés comme AC !, l'APEIS ou le MNCP se sont construits en dehors des syndicats, voire en fort décalage avec eux, il est en effet le seul qui relève d'une confédération syndicale interprofessionnelle. Alors qu'il est le plus souvent assimilé par ces partenaires associatifs à la direction de la CGT, le comité des " privés d'emploi " est au contraire porteur d'une forte particularité en interne, en raison des liens qu'il entretient précisément avec les associations de chômeurs et du répertoire d'action plus radical qui est le sien. L'analyse de cette position originale et des effets qu'elle engendre, sur le rapport du comité national des privés d'emploi à la CGT et de celle-ci au mouvement des chômeurs entendu de façon plus large, constitue l'objet principal de ce chapitre. Les animateurs des " chômeurs CGT " se trouvent en effet au centre de luttes tactiques et symboliques pour tenter de consolider leur place dans la confédération et de diffuser leurs revendications. À la recherche d'une légitimité qui ne leur est que partiellement reconnue, ils sont confrontés au défi de pérenniser les structures et les ressources dont ils bénéficient. Leur statut " à part " - lié au fait de s'adresser aux salariés sans emploi - les assigne à une forme de marginalité au sein de l'organisation. De ce point de vue, il apparaît intéressant de saisir en retour l'influence qu'ils parviennent, malgré tout, à exercer auprès des autres composantes de la CGT.
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https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-00830936
Contributor : Sophie Beroud <>
Submitted on : Thursday, June 6, 2013 - 10:02:20 AM
Last modification on : Thursday, November 21, 2019 - 2:23:34 AM
Long-term archiving on: : Saturday, September 7, 2013 - 4:09:18 AM

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Chapitre_Sophie_Beroud_-_Prive...
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  • HAL Id : hal-00830936, version 1

Citation

Sophie Béroud. L'influence contrariée des 'privés d'emploi' dans la CGT. Didier Chabanet ; Jean Faniel. Les mobilisations de chômeurs en France : problématiques d'alliances et alliances problématiques, l'Harmattan, pp.153-176, 2013, Logiques politiques. ⟨hal-00830936⟩

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