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Co-élaboration des symboles identitaires d'un territoire : le cas de l'identité maritime de La Rochelle

Résumé : L’irruption des technologies de l’information et la communication, au premier rang desquelles Internet, a profondément changé la problématique de la construction de l’identité des territoires par une communication identitaire maitrisée à laquelle les collectivités locales assignaient un triple objectif : renvoyer aux habitants une image positive de leur territoire afin de susciter ou d’entretenir une fierté d’appartenance ; encourager par cette même image l’implantation d’activités économiques pouvant contribuer au développement économique local et, par ce moyen, à la cohésion sociale du territoire ; développer les courts et les longs séjours touristiques, générateurs de ressources pour une fraction des acteurs locaux. Le web de première génération (dit web 1.0, selon la terminologie de O’Reilly) a déstabilisé les acteurs institutionnels (collectivités, entreprises touristiques) tout en leur redonnant l’avantage. La déstabilisation est venue de la remise en cause du papier en tant que support de communication territoriale en général, de communication identitaire en particulier. La possibilité de créer des sites web, même « statiques », promettait de rendre caduques à terme la problématique de l’impression et de la rupture de stock de brochures touristiques porteuses des messages identitaires (iconographie & texte) ainsi que la contrainte d’un réseau physique de diffusion des supports imprimés contribuant, par l’ampleur de son réseau sur le territoire et l’appui direct des personnels d’accueil, à une diffusion ciblée des documents. Cette déstabilisation n’a été que partielle ; le web 1.0 n’a pas constitué une innovation radicale en ce sens qu’elle n’a pas introduit une rupture totale et rapide dans la construction de l’identité par la communication territoriale : la complexité technique et le coût de la réalisation des sites web laissaient seuls maîtres du jeux les acteurs institutionnels. L’identité territoriale proposée aux publics (population, entreprises, touristes) était toujours maîtrisée par les acteurs institutionnels. La rupture majeure est celle de la seconde génération de l’internet (le web dit 2.0 ou web social) qui a donné à l’internaute la possibilité de créer ses propres supports d’expression, d’exprimer son avis, et de raconter des histoires : histoire de sa vie au quotidien, histoire de sa vie touristique. L’internaute dit comment il perçoit le territoire auquel il appartient ou le territoire qu’il visite. Il commente. Il note. Il critique ou prescrit (Stenger, 2010). Il illustre par ses propres photographies. Il participe à la conversation. Dès lors, l’internaute partage le pouvoir iconographique et textuel avec les institutions dans la construction identitaire du territoire. Si l’historien, le sociologue, le poète… participaient déjà à la construction et de la compréhension de l’identité des territoires, leur influence était considérablement moindre sur courte période. De la communication identitaire maitrisée à la co-élaboration de l’identité. Emergence d’une problématique. A l’heure du e-tourisme et du web participatif, dans une société de (sur?) consommation de l’image, on ne peut plus parler de communication touristique au singulier, de communication maîtrisée analysable selon le modèle traditionnel émetteur-récepteur shanonnien. L’autorité informationnelle (Broudoux, 2007) d’un bloggeur ou d’un commentateur sur un média social peut être comparable à celle d’une institution. Certains internautes, véritables agents-facilitateurs pour l’accès à l’information (Alloing, 2013) jouent un rôle majeur dans la construction de la e-réputation d’un territoire. Mais, plus simplement, l’ensemble des flux émis par les internautes ordinaires, contribue à une communication d’ambiance qui colore l’image que les institutions s’efforcent de construire, positivement ou négativement. En somme la construction identitaire du territoire n’est plus maitrisable. Elle s’opère par co-élaboration, avec la part d’incertitude indissolublement liée à celle-ci. Cette problématique est celle rencontrée par les acteurs locaux de La Rochelle en charge de la construction d’un marquage identitaire emblématique de leur territoire autour de la maritimité. L’impact de la communication informelle et participative des citoyens sur l’image en construction est une difficulté vient renforcer la complexité des interactions entre les stratégies de communication des acteurs touristiques. Identité maritime de La Rochelle : étude iconographique d’une co-construction. L’étude dont les résultats sont présentés porte dans un premier temps sur un large corpus iconographique de productions info-communicationnelles réalisées par les acteurs professionnels et institutionnels du territoire rochelais, principalement à destination des touristes. Sept publications municipales, départementales, régionales et quatre comptes Facebook institutionnels ont fait l’objet d’une étude qualitative et comparative en vue de déterminer les contours de l’identité maritime rochelaise telle qu’elle est montrée dans ces supports maitrisés. La méthodologie est présentée en détail, avec ses soubassements épistémologiques. Les résultats sont exposés et commentés. Les résultats de cette première étude sont confrontés avec un second corpus iconographique issu de plateformes de réseaux sociaux et de blogs personnels consacrés à La Rochelle. Les différences et proximités avec les résultats de la première étude sont présentées et commentées. In fine, les résultats de l’étude présentée conduisent à proposer une réponse, partielle, à la question suivante : quelle stratégie de communication, pour quels publics et quels territoires touristiques à l’époque de la co-élaboration de l’identité d’un territoire ?
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https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-02148603
Contributor : Christian Marcon Connect in order to contact the contributor
Submitted on : Wednesday, June 5, 2019 - 4:09:49 PM
Last modification on : Wednesday, October 27, 2021 - 12:52:55 PM

Identifiers

  • HAL Id : hal-02148603, version 1
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Citation

Christian Marcon, Marina Belavoir. Co-élaboration des symboles identitaires d'un territoire : le cas de l'identité maritime de La Rochelle. La communication touristique : vers de nouvelles interfaces ?, 2018, 978-2-7637-3741-6. ⟨hal-02148603⟩

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