Église Saint Jean-Baptiste : étude archéologique d'une église piévane de l'Alta Rocca : Corse, Corse-du-Sud (2A), Sainte-Lucie-de-Tallano : Rapport de fouille

Résumé : L’église de Saint Jean Baptiste, a été bâtie sur les terres du hameau de Poggio qui dépend de la commune de Sainte Lucie de Tallano, au lieu dit Pieve e San Giovani. Construite sur les terres de l’ancienne piève d’Attalà,, elle est isolée et éloignée des villages alentours. Le cours d’eau du Rizzanese, coule en contrebas de l’église à environ 500 m. L’édifice est construit sur un promontoire « poggio », au sommet aplani, représentant une surface d’environ 400 m² culminant à environ 325 m.. Le cadre historique de cette fouille s’inscrit dans ce que les textes du bas-Moyen Âge désignent comme l’Au-delà des Monts (A Tirra Dila Da Monti) et qui correspond à l’actuel département de Corse-du-Sud. C’est à l’intérieur de cet espace historique intimement lié à la géographie physique que prend place cette étude. San Ghuvan Battista est traditionnellement datée de la période pisane (XIIe siècle) et s’inscrit dans une politique de construction et de reconstruction sur l’ensemble du territoire initiée par la commune de Pise et réalisée sous le contrôle de l’église. L’église San Ghuvan Battista, adopte le plan d’une église à nef unique, sans transept avec une seule abside semi circulaire et chœur en cul de four. Le matériau employé : le granit, est une source dont l’approvisionnement est manifestement local, bien qu’il paraisse de prime abord exogène au substrat local qui se caractérise plus souvent par un granit à gros grains visible dans de nombreuses constructions. Le grain fin du matériau, sa composition minérale et son apparente homogénéité chromatique donnent à l’édifice la vision d’une construction harmonieuse. L’observation du bâti a montré un problème de stabilité de l’édifice qui semble existé depuis sa construction. En effet, on observe sur le parement externe du mur gouttereau nord, une césure verticale, qui marque une rupture dans le bâtiment se caractérisant par un élargissement anormal des joints. A travers l’étude des quelques sources écrites, l’analyse du bâti et des deux campagnes de fouilles (2013 et 2014) menées à l’extérieur et dans le chœur de l’église, il a été possible de retracer une partie de l’histoire du site de Saint Jean Baptiste. De plus, cette histoire s’est largement enrichie d’une importante étude anthropologique. Peu d’églises de piève ont été fouillées en Corse et l’exemple de Saint Jean Baptiste permet de documenter un type de site qui a joué un rôle important dans la gestion de l’île de Corse. L’église comme bâtiment est un monument signe architecturalement, mais pas seulement. Elle est aussi le marqueur fort en Corse de la présence pisane et de l’église sur un territoire nouvellement conquis ou au moins « pacifié ». Ces fouilles ont permis d’étudier une partie de la construction et de proposer une évolution de celle-ci. La provenance locale des matériaux, et la mise en œuvre que l’on retrouve dans beaucoup d’autres édifices contemporains sont les signes d’un savoir-faire insulaire, couplé à une architecture très caractéristique venant des rivages orientaux de la mer Tyrrhénienne. Elle est la marque de la présence italienne sur la Corse, qui imprégnera l’île de ses modèles architecturaux tout au long du Moyen Âge et de l’époque moderne.
Document type :
Reports
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https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-02050516
Contributor : Maxime Seguin <>
Submitted on : Wednesday, February 27, 2019 - 11:13:36 AM
Last modification on : Wednesday, March 20, 2019 - 12:14:03 PM

Identifiers

  • HAL Id : hal-02050516, version 1

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Citation

Patrick Ferreira, Véronique Fabre, Vianney Forest, Antoinette Rast-Eicher, Audrey Eberle, et al.. Église Saint Jean-Baptiste : étude archéologique d'une église piévane de l'Alta Rocca : Corse, Corse-du-Sud (2A), Sainte-Lucie-de-Tallano : Rapport de fouille. [Rapport Technique] F029550, Inrap. 2017, pp.243. ⟨hal-02050516⟩

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