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Arnaud Alessandrin, Karine Espineira (2015), Sociologie de la transphobie, Maison des sciences de l'homme d'Aquitaine.

Résumé : . Sociologie de la transphobie étudie le rejet et les oppressions systémiques subies par les personnes trans par opposition aux tentatives psychanalytiques objectivantes qui théorisent déjà largement des processus de transition subjectifs. Il s'agit « d'interroger, au-delà de la question trans, les normes et les polices de genre qui s'organisent autour d'une imposition cisgenre » (p. 44). Il est en effet rappelé (p. 76) qu'une sociologie des transidentités ne peut prétendre à l'élaboration d'une définition close incluant les identifications individuelles et les spécificités des discours sociaux et culturels, à moins de se cantonner à la stricte définition psychiatrique du transsexualisme, concept médical dont l'histoire est rapportée dans le deuxième chapitre (p. 77). Yves Raibaud souligne à ce titre, dès la préface, l'importance de la prise de parole par les personnes concernées pour produire des connaissances visant à participer aux luttes contre les discriminations faites à leur encontre. Dévoilant les résultats statistiques de l'étude, Arnaud Alessandrin et Karine Espineira présentent différentes expériences sociales qui rendent compte de la dimension politique des oppressions transphobes (p. 35). Il est en effet nécessaire, dans une recherche de poussée égalitaire en droit, de faire la preuve de la transphobie en travaillant ses contours d'un point de vue sociologique et non uniquement juridique. Pour ce faire, les deux sociologues s'emploient à réunir également des témoignages et à réaliser une enquête quantitative dont les résultats figurent aux chapitres deux et cinq du livre. Il est d'abord précisé que, pour concevoir les transidentités, les auteur·ice·s choisissent d'utiliser le concept de « carrière », au sens de Becker (1985), qui renvoie à « un processus d'apprentissage auquel participe pleinement le stigmate », et ce pour éviter l'écueil du processus d'essentialisation. Ainsi les récits de différentes expériences transidentitaires sont-ils rapportés en discernant notamment les récits « d'expérience totale », dans lesquels l'expérience transphobe semble être partout, ceux des « intouchables de la discrimination », qui tentent des mises à distance de la transphobie, et ceux des « bricoleurs », ce dernier faisant par exemple référence à l'imprévisibilité de la discrimination. Sont également distinguées les transphobies directe et indirecte, respectivement rejet explicite des transidentités et conséquence insidieuse du cisgenrocentrisme, et la transphobie institutionnelle dans le contexte médical et juridique français. Enfin, les résultats de l'enquête quantitative menée entre mai et juin 2014 sont présentés sous forme de diagrammes qui illustrent les 309 réponses rentrées par le biais de réseaux sociaux et sites et réseaux associatifs (p. 133). Ainsi l'identité de genre, l'âge, la profession et l'orientation sexuelle des répondant.e.s sont présentés avant de distinguer les différentes formes d'oppressions subies. L'enquête révèle notamment les dénis de justice et la mauvaise gestion des plaintes par la police, ainsi que la négligence des administrations publiques et du corps médical.
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Contributor : Arnaud Alessandrin Connect in order to contact the contributor
Submitted on : Saturday, November 18, 2017 - 10:02:20 AM
Last modification on : Thursday, October 27, 2022 - 1:45:02 PM
Long-term archiving on: : Monday, February 19, 2018 - 12:33:59 PM

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SOCIOLOGIE DE LA TRANSPHOBIE R...
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  • HAL Id : hal-01637832, version 1

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Jaine Cussac. Arnaud Alessandrin, Karine Espineira (2015), Sociologie de la transphobie, Maison des sciences de l'homme d'Aquitaine.. 2017. ⟨hal-01637832⟩

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