Quelles innovations dans les pratiques de mobilité des (nouveaux) habitants des espaces peu denses français ?

Résumé : Problématique et contexte : Le champ des mobilités est des plus intéressants pour examiner de manière croisée l’évolution des pratiques sociales et spatiales dans les espaces peu denses français, et les formes plurielles de renouveau démographique constatées depuis les années 1970-1980. Nous proposons d’analyser l’innovation dans ces espaces à l’échelle individuelle, sous l’angle privilégié des mobilités quotidiennes, en mettant l’accent sur les comportements des nouvelles populations. Quels que soient les types d’espace, les déplacements journaliers sont marqués par des répétitions de trajets et d’emploi du temps. Dans ce registre, les pratiques rurales ne dérogent en rien et comptent même parmi les plus routinières. Pour autant, les nouveaux résidents des espaces peu denses ne s’inscrivent pas nécessairement dans les mêmes schémas routiniers, les positions dans le cycle de vie et les occupations professionnelles contribuant par exemple à différencier leurs pratiques quotidiennes. Nous faisons ainsi l’hypothèse qu’étudier les évolutions et nouveautés des mobilités quotidiennes en France rurale revient surtout à s’intéresser aux pratiques des individus récemment installés. Les innovations ne seraient pas tant à chercher dans la modification des comportements d’anciens résidents, que dans l’originalité des mobilités des nouveaux arrivants, mises en ½uvre en corollaire à leur changement de résidence. En outre, il peut être envisagé que l’ampleur des innovations, selon les types d’espaces peu denses et de campagnes, est liée au degré de recomposition des structures démographiques induite par les apports migratoires. Méthodes de recherche et terrains d’étude : La démarche de recherche est avant tout statistique et consiste en l’exploitation nationale de deux sources de données : les Enquêtes nationales transports et déplacements (ENTD) de 1994 et 2008, et les Recensements Insee de la population (RP) de 1990 et 2008. De plus, la délimitation des espaces peu denses en France métropolitaine repose, en premier lieu, sur l’utilisation d’une typologie communale à dominante morphologique élaborée par croisement des densités locales et de voisinage (Hubert et al., 2014), puis son association avec deux typologies plus fonctionnelles des campagnes – réalisées pour le compte de la DATAR (Hilal et al., 2012) et dans le cadre d’une thèse de géographie (Pistre, 2012) –, afin de rendre compte de la diversité des communes peu denses. Enfin, l’étude à proprement parler des mobilités quotidiennes des (nouveaux) habitants des espaces peu denses, et leurs évolutions depuis les années 1990, est réalisée au niveau des personnes de référence des ménages et s’effectue en trois temps : (1) portrait introductif des nouvelles populations (âges, catégories socioprofessionnelles, diplômes, revenus, etc.), définies selon la date d’emménagement dans le logement ou la commune de résidence, à partir des ENTD et RP ; (2) étude des trajets domicile-travail des actifs sur la base des mêmes sources de données ; (3) approfondissement des pratiques de mobilité des (nouveaux) habitants des espaces peu denses et de campagne (moyens de transport utilisés, journées types effectuées, pratiques de mobilité seul ou accompagné) à l’aide des seules ENTD. Principaux résultats : Dans un contexte d’accentuation des reprises démographiques des espaces peu denses au cours des années 2000, l’étude des profils des nouveaux arrivants souligne la diversité des populations impliquées : des jeunes actifs comme des retraités, des couples comme des personnes seules (avec ou sans enfants), des cadres comme des ouvriers, etc. Au regard des individus plus anciennement installés, les personnes de référence des nouveaux ménages sont plus diplômés, plus souvent actifs occupés mais aussi chômeurs, et présentent des revenus moyens légèrement supérieurs. L’analyse des trajets domicile-travail des nouveaux résidents des espaces peu denses met en évidence des distances et temps moyens de déplacement également supérieurs, par rapport aux autres résidents de ces espaces et des autres espaces (à l’exception des territoires périurbains en distance et en temps, et des espaces les plus denses en temps). Mais, une étude affinée au sein des espaces peu denses révèle des tendances plus variées au cours des années 2000 : les distances et temps sont plus élevés chez les nouveaux des campagnes périurbaines ou à dominante industrielle, mais inférieurs chez ceux venus s’installer dans les plus petits pôles des campagnes vieillies et agricoles du centre du pays. Il en est de même pour l’utilisation de la voiture individuelle : derrière une place hégémonique dans les trajets domicile-travail des nouveaux et anciens des espaces peu denses, certaines inflexions apparaissent dans les mêmes campagnes.
Type de document :
Communication dans un congrès
Colloque international de géographie rurale : 'Les campagnes : espaces d’innovation dans un monde urbain', Jun 2014, France. 21p
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Contributeur : Ifsttar Cadic <>
Soumis le : mercredi 27 août 2014 - 12:06:25
Dernière modification le : mercredi 1 novembre 2017 - 14:42:01

Identifiants

  • HAL Id : hal-01058584, version 1

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Citation

Pierre Pistre, Jean Paul Hubert. Quelles innovations dans les pratiques de mobilité des (nouveaux) habitants des espaces peu denses français ?. Colloque international de géographie rurale : 'Les campagnes : espaces d’innovation dans un monde urbain', Jun 2014, France. 21p. 〈hal-01058584〉

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