Structures génétique et démographique des populations de deux espèces d'ophiures aux caractéristiques biologiques contrastées, Acrocnida brachiata et Ophiothrix fragilis, en Atlantique Nord-Est

Résumé : La distribution des espèces dépend de leur histoire évolutive et de leur capacité à disperser et coloniser de nouveaux territoires. En milieu marin, cette capacité de dispersion est conditionnée par la durée de la phase larvaire et la répartition plus ou moins continue de leur habitat. Afin de mieux comprendre la part respective de ces différents facteurs, l’histoire passée et contemporaine des populations a été étudiée, par le biais de la génétique et de la dynamique des populations, pour deux espèces d’ophiures de l’Atlantique Nord-Est, A. brachiata et O.fragilis, qui présentent des caractéristiques biologiques contrastées. L’espèce A. brachiata est constituée de deux lignées écotypiques dont la spéciation aurait été de nature allopatrique à la transition Mio-Pliocène (5 MA). Chaque lignée se répartit préférentiellement à un étage bathymétrique, l’une en milieu subtidal et l’autre en milieu intertidal, avec une histoire de colonisation de l’habitat propre à chaque lignée, depuis des refuges glaciaires différents. Les échanges entre populations sont très faibles, en raison de la fragmentation de l’habitat sablo-vaseux et de la phase dispersive courte (quatre jours). Des phénomènes d’hybridation rares sont observés entre lignées et apparaissent fortement contre-sélectionnés par l’habitat lors de la phase de recrutement. Des mécanismes de migration d’adultes semblent homogénéiser les populations à micro-échelle. Le fonctionnement des populations d’A. brachiata ne semble pas suivre un rythme de renouvellement annuel mais plutôt se faire par des épisodes de recrutement plus conséquents certaines années. L’espèce O. fragilis est également constituée de deux lignées génétiques dont l’une est inféodée à la Méditerranée et aux côtes de la péninsule ibérique tandis que l’autre est présente sur les côtes bretonnes et de la Manche. Cette seconde lignée se subdivise en deux variétés écotypiques, l’une vraisemblablement adaptée à une vie subtidale grégaire et l’autre à des habitats intertidaux. L’existence de ces variétés induit un premier niveau de structure génétique relativement faible. En dépit du fait que l’espèce vit majoritairement sur des fonds caillouteux qui forment un continuum d’habitats favorables en Manche et que la durée de sa phase larvaire soit longue (environ 21 jours), la structure des populations d’O. fragilis semble être le reflet de processus locaux, tels que des effets Walhund temporels, plutôt que celui des processus d’isolement géographique. Le fonctionnement démographique d’O. fragilis montre d’importantes disparités entre sites, qui peuvent également contribuer à la structure globale de l’espèce. L’ensemble de ces résultats, mis en parallèle, souligne l’importance des processus historiques dans la répartition globale de l’espèce et celle des processus locaux dans la structure contemporaine des populations.
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Thèse
Génomique, Transcriptomique et Protéomique [q-bio.GN]. Paris 6, 2006. Français
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Contributeur : Novelenn Louise <>
Soumis le : mardi 17 février 2015 - 15:44:48
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Document(s) archivé(s) le : lundi 18 mai 2015 - 10:40:30

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Delphine Muths. Structures génétique et démographique des populations de deux espèces d'ophiures aux caractéristiques biologiques contrastées, Acrocnida brachiata et Ophiothrix fragilis, en Atlantique Nord-Est. Génomique, Transcriptomique et Protéomique [q-bio.GN]. Paris 6, 2006. Français. 〈tel-01117696〉

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