Les amoebophryidae (Syndiniales) parasitoïdes de dinoflagellés : cycle de vie, dynamique et spécificité in situ

Résumé : Les Syndiniales sont des parasitoïdes marins capables d'infecter un très grand nombre d'organismes planctoniques, des dinoflagellés jusqu'aux larves de poissons. Parmi ces pathogènes, les Amoebophryidae infectent tout particulièrement les dinoflagellés. En rivière de Penzé (Bretagne Nord, France), ces parasitoïdes infectent toutes les espèces présentes, y compris l'espèce toxique Alexandrium minutum qui produit des toxines paralysantes. La spécificité de ces interactions est grande : une espèce hôte est infectée par un parasitoïde génétiquement distinct, le même pathogène infectant la même espèce d'une année sur l'autre (entre 2004 et 2006). Ces pathogènes semblent capables de réguler les populations hôtes, la spécificité d'interaction entraînant une succession rapide des espèces de dinoflagellés. Dans cette étude, ce contrôle a été simulé en reprenant le modèle d'Anderson-May et en l'incluant dans un réseau trophique microbien intégrant la prédation. Une souche d'un parasitoïde infectant le dinoflagellé non toxique Scrippsiella trochoidea a été isolée. La présence du pathogène induit la production de kystes de résistance de l'hôte, issus de la reproduction sexuée. Cependant, un faible pourcentage de ces kystes est infecté. Après deux mois de dormance, la germination a pu être observée, aussi bien pour l'hôte que pour le parasitoïde, et de nouveaux cycles d'infection ont également été observés. Cette interaction physique entre l'hôte et son pathogène induit donc un couplage très fort entre les deux partenaires, ce qui permet d'expliquer la récurrence des infections d'une année sur l'autre en baie de Penzé. Nous avons émis l'hypothèse que le nombre croissant de marées rouges (ou efflorescences de dinoflagellés) pouvait être une conséquence du découplage entre le dinoflagellé hôte et son pathogène naturel. Cette hypothèse permet de mieux comprendre l'historique de certaines efflorescences toxiques récurrentes entre la fin des années 1980 et 2001, mais qui aujourd'hui apparaît parfaitement régulé par ces pathogènes naturels. Cette hypothèse a été également confirmée dans l'étang de Thau (mer Méditerranée), où Alexandrium catenella, invasives depuis la fin des années 1990, était la seule espèce de dinoflagellés à ne pas être infectée par des Amoebophryidae durant les efflorescences toxiques printanières et automnales de 2007.
Type de document :
Thèse
Parasitologie. Paris 6, 2009. Français
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Soumis le : jeudi 29 janvier 2015 - 16:07:57
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Citation

Aurélie Chambouvet. Les amoebophryidae (Syndiniales) parasitoïdes de dinoflagellés : cycle de vie, dynamique et spécificité in situ. Parasitologie. Paris 6, 2009. Français. 〈tel-01111122〉

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