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Entretien. Quelles perspectives pour le covoiturage en France ?

Résumé : Entretien croisé avec Eléonore Pigalle (Laboratoire Ville Mobilité Transport) et Jean-Baptiste Ray (Start Up Ecov) par Sylvanie Godillon (Géographie-cités). Le covoiturage est l’utilisation commune d’un véhicule par un conducteur non professionnel et un ou plusieurs passagers, dans le but d’effectuer tout ou une partie d’un trajet commun. La définition du covoiturage est encadrée par le Code des transports en France qui précise que l’utilisation en commun d’un véhicule est effectuée « à titre non onéreux, excepté le partage des frais ». L’encadrement législatif permet de distinguer le covoiturage du transport individuel de personnes proposé par des services professionnels de taxis ou de voiture de transport avec chauffeur (VTC), comme Uber, Kapten, Marcel, Lecab, ou encore Snapcar.Le covoiturage est une version contemporaine de l’auto-stop, pratiqué jusque dans les années 1970 (Vincent, 2008). Le numérique a démultiplié les possibilités d’apparier les usagers partageant un même itinéraire aux mêmes horaires et est aujourd’hui perçu comme un moyen de dynamiser le partage de trajets entre particuliers. L’organisation du covoiturage consiste à optimiser le véhicule en mettant en relation des individus qui effectuent un même trajet. Si le covoiturage n’est pas une pratique nouvelle, le développement de plateformes numériques et l’augmentation des préoccupations environnementales ont renforcé l’intérêt pour le covoiturage. Pour réduire les émissions de gaz à effet de serre liées aux déplacements, la question de la rationalisation des déplacements en automobile se pose. Un des leviers pourrait être une hausse des usages partagés de la voiture, notamment pour se rendre au travail. En France, le conducteur est seul à bord dans 7 véhicules sur 10 (CEREMA, 2019). Le chiffre atteint 9 sur 10 à l’heure de pointe. Le potentiel de covoiturage est important. Mais les pratiques restent marginales : environ 3% des trajets entre le domicile et le travail sont réalisés en covoiturage (ADEME, 2015 ; Bonnet, 2014). Les freins à la pratique du covoiturage, documentés depuis une quinzaine d’années (CERTU, 2007 ; Vincent, 2008 ; Correia et Viegas, 2011), sont notamment liés à une organisation personnelle complexe et à une peur de perte d’autonomie. La hausse des préoccupations environnementales ne conduit pas les automobilistes à pratiquer le covoiturage (Josset, 2015). Malgré des pratiques qui restent très faibles, le covoiturage fait l’objet d’attentes fortes de la part des autorités publiques. La Loi d’Orientation des Mobilités, adoptée en décembre 2019, lui accorde une place importante pour réduire la part des trajets domicile-travail réalisés par des conducteurs seuls à bord de leur véhicule. Quel est le potentiel d’évolution du covoiturage ? Quelles sont les différentes formes et les spécificités de cet usage particulier de la voiture ? Le covoiturage est-il une nouvelle forme d’usage de la voiture ? Pour éclairer ces questionnements, Flux a réalisé un entretien croisé avec Éléonore Pigalle, post-doctorante en charge de recherches sur le covoiturage au Laboratoire Ville Mobilité Transport (Univ. Gustave Eiffel, École des Ponts), et Jean-Baptiste Ray, directeur du développement et de la stratégie chez Ecov, start-up de l’économie sociale et solidaire qui met en place des lignes de covoiturage spontané.
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https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-02924280
Contributor : Eléonore Pigalle <>
Submitted on : Friday, September 11, 2020 - 2:04:00 PM
Last modification on : Wednesday, June 2, 2021 - 4:27:03 PM

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Citation

Eléonore Pigalle, Jean-Baptiste Ray, Sylvanie Godillon. Entretien. Quelles perspectives pour le covoiturage en France ?. Flux - Cahiers scientifiques internationaux Réseaux et territoires, Metropolis / Université Paris-Est Marne la Vallée 2020, 1-2 (119-120), pp.192-196. ⟨10.3917/flux1.119.0192⟩. ⟨hal-02924280⟩

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