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Reports

Le Chemin aux Errants, Zone C, Val-de-Reuil, (Eure) : rapport de fouille

Yves-Marie Adrian 1 Gisèle Allenet de Ribemont 1 Sylvain Bauvais 2, 3, 4, 5 Miguel Biard 1 Céline Bemilli 1, 6 Julien Boislève 1 Benoît Clavel 6, 7 Sylvie Coubray 1 Céline Coussot 1 Marie Derreumaux 7, 6 Anne Dietrich 1 Yvon Dréano 7 Marine Drieu Yves Gallet 8 Alain Giosa 9 Salomé Granai 10 Pauline Hanot 6 Gaëtan Jouanin 7, 6 Luc Leconte 1 Maxime Legoff 11 Nicole Limondin-Lozouet 10 Philippe Lorquet 1 Fabienne Médard 12 Nicolas Morand 7 Pauline Petit 13 Fabien Pilon 14 Frédéric Riviere 15 Opale Robin 1, 7, 6 Quentin Sueur 16 Nicolas Warmé 1 Jean- Hervé Yvinec 1, 7, 6 Véronique Zech-Matterne 6, 7
Résumé : L’opération archéologique de la « zone C » est la troisième fouille réalisée au sein de la carrière CEMEX de Val-de-Reuil. Ses résultats sont parfaitement complémentaires des deux autres, conduites par Dagmar Lukas (Inrap, zone A) et Clément Moreau (Archéodunum, zone B). Sur la zone C, les plus anciens vestiges remontent au Néolithique et se matérialisent par au moins une sépulture située au nord de l’emprise, ainsi que par du mobilier lithique épars et souvent résiduel dans les contextes postérieurs. Quelques inhumations et une incinération semblent ensuite assurer une sorte de continuité de fréquentation jusqu’à l’âge du Bronze, comme le montrent aussi quelques éléments mobiliers assez dispersés. Il faut attendre le premier âge du Fer pour voir une occupation structurée se mettre en place au sein de l’emprise. Celle-ci se matérialise par des vestiges nombreux et variés correspondant à un habitat ouvert, mais sans doute accompagné d’une large enceinte palissadée curviligne dotée de plusieurs petites entrées. Cette phase d’occupation s’accompagne d’une abondante culture matérielle, principalement céramique, qui fournit un éclairage important sur la période du Hallstatt D dans la région. Il ne semble y avoir aucune véritable occupation entre la période hallstattienne et la fin de l’indépendance gauloise qui voit la création d’un petit enclos accompagné de quelques fossés parcellaires plus ou moins datés. Au regard de l’indigence du mobilier comme des structures fossoyées, il est manifeste qu’il ne s’agit pas du siège d’une exploitation agricole mais d’un ensemble à vocation agro-pastoral qui est sans doute associé à l’habitat étudié un peu plus au sud, sur la « zone B ». Cet enclos modeste sert quoi qu’il en soit de cadre à une première occupation antique relativement restreinte, au cours du Ier siècle de notre ère. Elle se caractérise surtout par la présence d’un petit bâtiment avec cave construite « en dur ». Les artefacts comme les écofacts relatifs à cette période sont relativement abondants et surtout de bonne qualité, montrant un statut d’ores et déjà assez aisé. Au cours du IIe siècle de notre ère, un ensemble monumental assez complexe succède à cette première occupation. Il comprend un grand bâtiment d’habitation d’environ 1600 m2 au sol orienté vers l’est, accompagné de plusieurs bâtiments aux fonctions plus ou moins établies, tous disposés à l’intérieur d’une vaste cour enclose de murs d’au moins 1,4 ha (la partie orientale manque). La forme particulièrement étroite du complexe bâti et enclos est notoire. Outre une forme en « U » assez originale, le bâtiment résidentiel présente la particularité d’avoir un grand bassin en façade (plus de 38 m de long pour environ 5 m de large), barrant presque complètement l’accès principal à la résidence. Malgré son état de conservation très médiocre, du à d’importantes récupérations de matériaux, sans doute pendant plusieurs siècles, ce bâtiment a livré certaines informations sur son équipement intérieur (balnéaire, espaces de circulation, etc..), ainsi que son decorum (enduits peints, placages divers, lapidaire d’ornement). A l’extérieur de l’enceinte, deux bâtiments agricoles à la fonction très différente (un grenier et un bâtiment de stabulation), participent à la structuration et à la composition de l’établissement. Ils sont disposés selon un axe nord/sud parfaitement cohérent avec celui régissant le coeur du domaine. La culture matérielle associée à cette phase d’occupation est riche et variée, intégrant de nombreux artefacts et écofacts de qualité. Elle révèle en particulier une riche alimentation, proche de celle des milieux urbains aisés, dont le mobilier métallique témoigne également. Cet ensemble commence à être démantelé dès les premières décennies du IIIe siècle mais sert pourtant ensuite de siège à un habitat tardo antique (IVe – milieu Ve s.) probablement lui aussi de statut supérieur, comme le montrent de nombreux vestiges mobiliers de qualité (objets métalliques, restes alimentaires, céramique et vitres). Après quelques décennies de latence, une nouvelle occupation s’installe au cours de la première moitié du VIe siècle. Elle présente un tout autre visage que la précédente car elle n’est composée que par des aménagements et architectures modestes de bois et matériaux périssables. Son organisation est régie par un chemin traversant l’habitat du nord au sud. Resté limité au cours du VIe siècle, l’habitat se développe sensiblement au cours du VIIe puis du VIIIe siècle, réinvestissant complètement les espaces bâtis antiques, tous désaffectés, à l’exception notoire d’un des deux bâtiments agricoles, un grenier massif, qui semble toujours marquer le paysage et va ainsi fixer l’installation d’un cimetière communautaire au coeur de l’habitat, à partir du VIIe s. Fouillé en intégralité, ce dernier comprend plus de 230 sépultures s’échelonnant entre la deuxième partie de la période mérovingienne et toute la période carolingienne. Cet ensemble funéraire est accompagné d’une quinzaine de sépultures dispersées, plus ou moins intégrées ou au contraire séparées des noyaux d’habitat contemporains. La culture matérielle de cet habitat alto médiéval est plus modeste que celle relative à l’Antiquité, mais elle intègre toutefois des mobiliers variés et nombreux, souvent bien conservés, permettant des approches multiples (activités, consommation, échanges) qui contribuent à la connaissance de cette période tout en permettant, entre autres, de replacer le site dans un contexte local (fond de vallée) et régional élargi. Après sa désaffection complète vers la fin du Xe siècle, le site semble connaître quelques siècles (?) s ans aucune manifestation humaine perceptible. Puis, un parcellaire médiéval en forme de lanières, daté par quelques artefacts des XIIIe voire XIVe s., accompagne la (re)mise en culture de ce secteur durant cette période. Ce parcellaire possède la même orientation que le chemin altomédiéval, tout en lui étant superposé, et cette orientation annonce directement celle du chemin « aux Errants » traversant l’emprise juste avant la fouille, et qui était jusqu’au milieu du XXe siècle l’un des seuls axes de circulation reliant les villages de Léry et de Tournedos.
Document type :
Reports
Complete list of metadatas

https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-02557685
Contributor : Sylvain Bauvais <>
Submitted on : Tuesday, April 28, 2020 - 10:13:26 PM
Last modification on : Tuesday, July 7, 2020 - 4:54:34 PM

Identifiers

  • HAL Id : hal-02557685, version 1

Citation

Yves-Marie Adrian, Gisèle Allenet de Ribemont, Sylvain Bauvais, Miguel Biard, Céline Bemilli, et al.. Le Chemin aux Errants, Zone C, Val-de-Reuil, (Eure) : rapport de fouille. [Rapport Technique] Inrap Centre-Île-de-France; SRA Ile de France. 2015, 10 vol., 1143 p. ⟨hal-02557685⟩

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