J. Grosperrin, L. Glaive, and . Le-voile, , p.224

B. Voir and . Papasogli, Espace intérieur et vie spirituelle chez Fénelon », art. cit., p. 61 : « Le voyageur de Fénelon, si déterminé et courageux, est pourtant en quelque sorte statique

L. Aventures-de-télémaque, OEuvres, vol.II, p.138

. Ibid, Cf la Lettre à l'Académie insistant, on l'a vu, sur la nécessité de « tours variés

G. Voir and . Molinié, « Aspects de l'écriture de Fénelon (Télémaque) », art. cit., p. 15 : « toujours plus d'identité, toujours plus de variation thématico-lexico-syntaxiques. D'où, à la lecture

, Lettre à l'Académie, in OEuvres, vol.II, p.1151

B. Pascal and L. Pensées, Les Provinciales, Pensées et opuscules divers, éd. G. Ferreyrolles et Ph. Sellier, vol.329, p.996, 2004.

P. L. Voir-tout, . Thirouin, ». Le-cycle-du-divertissement, and S. Francesi, , vol.143, pp.260-272, 2004.

L. Aventures-de-télémaque, OEuvres, vol.II, p.11

L. Aventures-de-télémaque, Que tu seras heureux, si tu surmontes tes malheurs et si tu ne les oublies jamais ! [?] Quand tu seras le maître des autres hommes, souviens-toi que tu as été faible, pauvre et souffrant comme eux; prends plaisir à les soulager ; aime ton peuple, déteste la flatterie, et sache que tu ne seras grand qu'autant que tu seras modéré et courageux pour vaincre tes passions, OEuvres, vol.II, p.53

«. Mme-du-deffand and . Lettre-À-la-duchesse-de-choiseul, , vol.23, p.446

L. Aventures-de-télémaque, OEuvres, vol.II, p.81

«. Voir-françoise-berlan, . Lexique, and . Dans-le-télémaque, 16 : « La conception de l'art est émotionnelle, mais ne relève pas du choc affectif. Elle est une imprégnation

L. Aventures-de-télémaque, OEuvres, vol.II, p.298

J. Voir, Grosperrin, « Éloquence et pensée religieuse : La notion de peinture dans Fénelon, p.24

«. Trémolières and . Rhétorique-profane, les Dialogues sur l'éloquence de Fénelon », p.246, 2000.

L. Aventures-de-télémaque, OEuvres, vol.II, p.292

, On le notera tout d'abord, les innombrables répétitions du Télémaque n'ont rien d'oratoire ni de percussif. Non, bien sûr, que le romancier ignore les ressources expressives de l'anaphore 84 ou de l'épanode 85 ; mais, en proportion, sur la somme de répétitions observées, il y recourt assez peu et très ponctuellement. Contrairement à ce qu'on peut observer chez un Pascal, en outre, les répétitions lexicales ne sont que rarement soulignées par des parallélismes syntaxiques 86 , et ces derniers ne sont d'ailleurs guère fréquents dans le roman 87 . Sauf cas exceptionnel et hautement signifiant 88 , les termes répétés n'interviennent qu'incidemment à des postes identiques d'une phrase à l'autre, en sorte que, la plupart du temps, leur récurrence ne saurait trahir la recherche d'un rythme impérieux, ni d'une scansion agressivement saillante : la répétition fénelonienne se veut le plus souvent sans force de frappe. On l'observera par ailleurs, Dieu, dit l'Écriture, agit avec force et douceur » 82 -et celui du Télémaque : « Il faut que vous vous accoutumiez à mêler le courage et la fermeté avec une amitié tendre et sensible, vol.83

, Lettres spirituelles, « Accorder la condescendance pour autrui, avec la fermeté nécessaire pour ne se laisser point entraîner au relâchement », CX, in OEuvres complètes, Leroux et Jouby, Gaume Frères, 1851, t. VIII, p.533

L. Aventures-de-télémaque, OEuvres, vol.II, pp.305-306

. Ibid, . Craignez, and M. Repartit, qu'elle ne vous accable de maux ; craignez ses trompeuses douceurs plus que les écueils qui ont brisé notre navire » ; p. 92 : « Si vous saviez combien il m'est douloureux de vous voir courir à votre perte ! Si vous saviez tout ce que j'ai souffert pendant que je n, vol.6

. Ibid, 92 : « Contre un tel ennemi, le vrai courage consiste à craindre et à fuir, mais à fuir sans délibérer et sans se donner à soi-même le temps de regarder jamais derrière soi

. Voir, 110 : « L'honneur des hommes, en ce pays, dépend autant de leur fidélité à l'égard de leurs femmes, que l'honneur des femmes dépend

. Voir, 4 : « Son nom fut célèbre dans toute la Grèce et dans toute l'Asie, par sa valeur dans les combats et plus encore par sa sagesse dans les conseils

, enchâssée à la fin du dernier chapitre, ibid., p. 321 : « Vos yeux l'ont vu, comme on vous l'avait prédit autrefois, mais sans le connaître, vol.xiv, pp.7-17

D. Bouhours, Remarques nouvelles sur la langue française, 3 e éd, pp.258-260, 1682.

, Fragments spirituels, VII, in OEuvres, I, p.782

. Fr and . Berlan, , p.241

, Pascal se range globalement à cette opinion : « Quand dans un discours se trouvent des mots répétés et qu'essayant de les corriger on les trouve si propres qu'on gâterait le discours, il les faut laisser, c'en est la marque » (fragment Sellier 452). Méré, quant à lui, se montre plus circonspect : « les gens qui parlent bien vont d'abord aux meilleurs mots, et aux meilleures phrases pour exprimer leurs pensées. Mais quand il faut retoucher les mêmes choses, comme il arrive souvent, quoiqu'ils sachent bien que la diversité plaît, ils ont pourtant de la peine à quitter la meilleure expression, pour en prendre une moins bonne, Vaugelas tolérait les répétitions impliquées par l'exigence de « naïveté », pourvu qu'on veille à ne pas faire « dégénérer » cette dernière « en négligence » (voir notamment Remarques sur la langue française, pp.484-488, 1647.

L. Vaisseau,

, Quand Mentor fut assez près du vaisseau pour faire entendre sa voix, il s'écria d'une voix forte : « Phéniciens, [?] recevez-nous dans votre vaisseau, Celui qui commandait répondit : « Nous vous recevrons avec joie

, Il chanta d'abord les louanges de Jupiter

, Ensuite il chanta le malheur du jeune Narcisse [?] Enfin il chanta aussi la funeste mort du bel Adonis

, Quand il eut cessé de chanter? 96

, On y voyait Neptune et Pallas [?] et on en voyait sortir un cheval fougueux. Le feu sortait de ses yeux

C. De-l'autre-côté-ce-bouclier-représentait, On voyait la terre s'ouvrir [?] Puis on apercevait les moissons dorées

, On voyait aussi des bergers qui paraissaient chanter [?] Tout représentait la paix, l'abondance. Tout paraissait riant et heureux. On voyait même, p.97

. Certes, peu de romanciers se permettraient sans doute de telles fautes? Mais peu de romanciers aussi auraient l'humilité de consentir à tel oubli de soi-même, comme à tel « amortissement [?] de l'esprit dans l'ascèse paradoxale de la répétition » 98 . « Où sont-ils ces simples ? » 99 , interrogeait le Fénelon des Lettres et opuscules spirituels. Dans le Télémaque, la négligence se fait tension vers l'acte simple et mortification. Non, cependant, que l'oblation soit vaine : qui s'efforce de « ne jamais demeuré renfermé en soi-même, occupé de ses biens ou de ses maux par une vue de propriété ou d'intérêt » 100 s'ouvre nécessairement aux autres, p.101

. Source, si la répétition fénelonienne ne scande pas, et si elle ne s'essaie guère à marquer des attaques, des pauses ou des temps forts, c'est parce qu'à l'image de la douce persuasion, elle ne cesse de s'écouler. La manière dont s'organise occasionnellement son jeu au sein de séquences textuelles données est en cela édifiante. Qu'on prenne

. Ressemblait-À-ulysse, Il avait sa douceur et sa fierté, avec sa taille et sa démarche majestueuse. La déesse comprit que c'était Télémaque, fils de ce héros. Mais, quoique les dieux surpassent de loin en connaissance tous les hommes, elle ne put découvrir qui était cet homme vénérable dont Télémaque était accompagné : c'est que les dieux supérieurs cachent aux inférieurs tout ce qu'il leur plaît

. Béatrice-guion and N. Fénelon, l'impossible dialogue autour de l'Explication des maximes des saints », in Fénelon, mystique et politique (1699-1999), Actes du colloque international de Strasbourg, dir. F.-X, Cuche et J. Le Brun, p.56, 2004.

L. Aventures-de-télémaque, OEuvres, vol.II, p.83

. Fr and . Berlan, , p.241

. Lettres, ». De-la-parole-intérieure, X. , and I. Oeuvres, , p.593

, Lettres et opuscules spirituels, « De la reconnaissance, p.586

«. Cf-;-tirées-de-l'écriture-sainte, . De-la-douceur, ». De-coeur, and . Xxiv, On en conviendra cependant pour finir, la suavité d'une telle harmonie n'est pas sans jeter un certain voile de doute sur la naïveté supposée dont elle serait censée émaner. C'est qu'il n'y a souvent qu'un pas de la douceur à la mollesse, et qu'on peine surtout à concevoir que des agencements verbaux aussi sophistiqués puissent n'engager que la négligence de leur auteur. Fénelon, coupable de duplicité ? La question est, à vrai dire, si mal posée, que la réponse en est dénuée d'importance. Si ambivalence il y a dans l'esthétique de la répétition et, par suite, dans le travail de persuasion mis en oeuvre dans le Télémaque, on peut plus profondément y trouver deux raisons. La première, comme l'a montré Françoise Berlan, tient sans doute à l'ambivalence même de la notion de simplicité chez Fénelon, « fruit d'une double duplicité » inscrite au coeur de la spiritualité du pur amour, en ce qu'elle suppose en effet « le passage par le mouvement réflexif mais au-delà, [?] est contrôle de ce mouvement réflexif, donc regard supplémentaire du moi sur lui-même » 103 . La seconde raison, enfin, non moins fondamentale que la première, tiendrait selon nous à l'ambivalence de la notion de douceur, soumise par Fénelon à la même autonomisation que la notion de beauté 104 , c'est-à-dire

L. Aventures-de-télémaque, OEuvres, vol.II, p.3

. Fr and . Berlan, « Fénelon fin de règne : une nouvelle distance dans le lexique, Fins de siècle, p.117, 1989.

, Voir l'article décisif d'Hélène Baby, Écrire la beauté à la fin du XVII e siècle. L'exemple du Télémaque », XVII e Siècle, vol.195, pp.361-376, 1997.

, 41 : « [Astarbé] avait su gagner le coeur de Pygmalion par sa beauté, par son esprit, par sa douce voix et par l'harmonie de sa lyre, Sa voix douce et touchante pénétrait le coeur du jeune fils d'Ulysse, vol.II

, que celle des bons rois aux Champs-Élysées 106 , de subtils échos venant par ailleurs relier l'une à l'autre 107

. C'est-que-la-douceur-n'est-en-soi-ni-bonne, Et telle apparaît en effet l'ultime fonction de la rhétorique itérative déployée dans le Télémaque : au sein d'un monde de faux-semblants où tout ressemble à tout et où le mal peut indifféremment revêtir le visage du bien, sensibiliser le lecteur à la nécessité de se méfier des apparences et de briser leur jeu en débusquant les différences dissimulées sur fond de similitudes. Engageant l'exercice d'une simplicité complexe et contrôlée, mais se plie à tous les usages qu'on veut en faire

. Cf and . Ibid, depuis « On arriva à la porte de Calypso » à « s'enfuyait au travers de la prairie » ; et p. 246, depuis « Télémaque s'avança vers ces rois » à « les environne de ses rayons comme d'un vêtement ». Qui aura la patience d'étudier, dans ces deux extraits, la manière dont s'organisent les rapports entre termes répétés retrouvera les deux diagonales, p.5

. Voir, le même recours à là jamais (« Là on n'entendait jamais que? » vs. « Là, jamais on ne ressentit les ardeurs », « Là, jamais les noirs Aquilons n'osèrent souffler », ou le même usage des énumérations de syntagmes niés (« On n'y voyait ni or, ni argent, ni marbre, ni colonne, ni tableaux, ni statues » vs. « Ni la guerre altérée de sang, ni la cruelle Envie

H. Baby, Écrire la beauté à la fin du XVII e siècle. L'exemple du Télémaque, p.370