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Patrimoine et numérique : devons-nous vraiment coopérer ?

Résumé : Depuis une dizaine d'années, avec l'essor des technologies de numérisation, digitalisation, conservation et valorisation, le patrimoine culturel est un domaine dont l'ensemble des disciplines des Humanités Numériques s'empare. L'utilisation des outils du numérique au profit de la conservation et de la valorisation du patrimoine culturel est l'objet de nombreux travaux de recherches théoriques. Cependant, les institutions patrimoniales, et plus particulièrement les musées et le champ de la muséologie souffrent d'un manque méthodologique pour accompagner de manière durable la gestion des connaissances et la valorisation du patrimoine. Il est donc nécessaire de formaliser cette nouvelle chaîne numérique afin d'y apporter une validité scientifique, porteuse d'une déontologie signifiante tant pour les professionnels, les experts que le grand public. Proposer des applications à base de nouvelles technologies et/ou de virtuel doit tout d'abord permettre un apport de connaissances et un enrichissement de l'objet patrimonial. La mise en correspondance de sources hétérogènes (manuscrits, savoir-faire, archives orales) est essentielle à la recontextualisation des objets du passé dans leur utilisation d'origine. Comprendre le contexte nécessite une réelle approche sémantique : les objets portent d'abord du sens avant de porter une fonctionnalité, c'est ce que nous apprend le contexte de l'époque, l'histoire, la culture… En ce sens, la documentation de l'objet de patrimoine est essentielle. Les outils des sciences de l'ingénieur et les technologies numériques en particulier offrent un terrain d'expérimentation fertile pour les possibilités de modélisation et d'accès aux documents historiques (archives, vestiges archéologiques, etc.). Contribuer à enrichir les approches en Humanités Numériques c'est se poser des problématiques liées aux outils de structuration de la connaissance patrimoniale : quelle technologie de base de données ? quelle structure ou framework est le plus adapté ? Une ontologie ? Un constat s'impose : la production de documents numériques (à vocation d'archivage ou non) devient quasi systématique lors de l'étude d'objets patrimoniaux. Face à ces pratiques plusieurs questions émergent : la capitalisation de cette documentation numérique (Quoi et comment stocker ?), l'accès à ces données (Comment accéder efficacement à ce qui est stocké ?), l'interopérabilité de ces données (Comment partager ce qui est stocké ?) et bien entendu celle des usages. Pour compléter la description sémantique il est de plus en plus recours à l'utilisation de données physiques de type 3D ; mais les problématiques soulevées par ces champs émergents requièrent de nouvelles investigations pour une meilleure intégration. L'utilisation de la 3D n'est plus réservée à la seule production des images cinématographiques ni au monde du jeu vidéo. La 3D a intégré tous les environnements de notre vie quotidienne tant personnelle que professionnelle… Le champ patrimonial n'a pas échappé à cette tendance. Il est désormais partagé entre deux points de vue : une capitalisation des connaissances (géométriques) à des fins d'analyse scientifique / de mesure / de partage et de conservation ? Et/ou une médiation destinée au grand public ? Le réel enjeu réside dans la déontologie que chaque acteur du patrimoine est prêt à mettre en oeuvre pour aller au-delà des belles images figurant usuellement de faux artefacts de notre réalité passée. Une des clefs de la réussite des projets culturels et patrimoniaux digitaux réside dans la capacité à mettre en oeuvre une synergie multidisciplinaire, et ce à deux niveaux. Tout d'abord d'un point de vue scientifique, il s'agit d'avoir une réelle approche croisée entre sciences humaines et sciences de l'ingénieur pour un enrichissement mutuel. Lutter contre l'instrumentalisation d'une science par une autre va permettre à chacun de garder son expertise et ses problématiques ; et ainsi faire émerger des sciences transdisciplinaires. Enfin, pour aider l'humanité à mieux conserver et valoriser sa connaissance par des outils innovants, il faut sortir des sentiers battus et chercher à enrichir les points de vue. C'est en montant des projets interdisciplinaires alliant professionnels de la culture/patrimoine avec des industriels et des chercheurs que les résultats sont les plus prometteurs. Alors OUI, il faut coopérer !
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https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-02498489
Contributor : Florent Laroche <>
Submitted on : Wednesday, March 4, 2020 - 3:04:15 PM
Last modification on : Friday, March 20, 2020 - 1:32:41 PM

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  • HAL Id : hal-02498489, version 1

Citation

Florent Laroche. Patrimoine et numérique : devons-nous vraiment coopérer ?. 2018. ⟨hal-02498489⟩

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