Quelle méthodologie pour analyser le sourire lors d'interactions conversationnelles ?

Résumé : Les interlocuteurs s’appuient sur leur terrain commun ou «Common Ground» (Clark, 1996)–dorénavant CG –pour élaborer ensemble une conversation. A notre connaissance, peu d’études ont analysé l’impact du CG sur le fonctionnement d’interactions conversationnelles, cet impact ayant davantage été étudié sur des interactions contrôlées(Holler & Bavelas, 2017). Afin d’étudier l’organisation de la conversation, nous focaliserons sur un moment qui requière tout particulièrement l’ajustement des interlocuteurs: les transitions thématiques. Ces mouvements thématiques sollicitent l’approbation conjointe des interlocuteurs sur le prochain thème de discussion. La conversation étant multimodale et puisqu’il est admis que l’adaptation exigée par les transitions thématiques entraînent la mobilisation de plusieurs modalités langagières (Riou, 2015), nous accorderons une attention particulière aux sourires des interlocuteurs lors de ces changements thématiques.A long terme, l’objectif de cette étude est de répondre à la question suivante: Quel estle rôle du sourire dans l’organisation d’interactions conversationnelles? Plus spécifiquement,comment évolue le sourire en fonction des transitions thématiques abordées et du degré de CG des interlocuteurs? A plus court terme,cette présentation focalise sur deux aspects méthodologiques:(1)Le recueil de données: Nous avons constitué le corpus conversationnel «Paco»en répliquant le protocole expérimental de «Cheese!»(Priego-Valverde, Bigi, Attardo, Pickering, & Gironzetti, 2018). La seule différence qui distingue ces deux corpus réside dans le degré de CG des interlocuteurs. Dans «Cheese!», les interlocuteurs entretiennent des relations amicales alors que dans Paco ils ne se connaissent pas. Ces deux corpus sont constitués de 22 interactions dyadiques qui commencent toutes par la lecture d’une histoire drôle et sont suivies de 15 min de discussion libre (8h d’interactions conversationnelles). Le fait d’avoir des conditions conversationnelles identiques, nous permet de contrôler le facteur CG et ainsi d’analyser l’effet de ce facteur sur l’organisation des transitions et au-delà, de la conversation. (2)Le protocole d’annotation: Nous avons élaboré un modèle de détection automatique des sourires «SMAD» (Rauzy & Amoyal, soumis) dans la perspective de rendre reproductible et systématique nos annotations. Ce modèle s’appuie sur un corpus d’apprentissage nourrit d’annotations de sourires contre-codées et fiables. Ces annotations ont été réalisées à l’appui de l’échelle «Smiling Intensity Scale »(Gironzetti, Attardo, & Pickering, 2016)qui décompose le sourire en 5 niveaux (du visage neutre au rire). Bien que la détection automatique nécessite une correction manuelle, les annotations de sourires automatiques sont fiables à 76%. Par ailleurs, nous avons obtenu un gain de temps non négligeable puisque nous avons réduit par 10 le temps nécessaire à l’annotation des sourires. A ce stade de notre étude, nous avons apporté deux contributions majeures : (1) Les données recueillies permettent d’étudier l’impact du facteur «CG» sur des interactions semi-contrôlées;(2) Nous avons apporté une méthodologie robuste et systématique pour étudier le sourire dans la conversation. Ces deux contributions nous permettront à plus long terme d’analyser le rôle du sourire lors des transitions thématiques de conversations avec et sans CG.
Document type :
Conference papers
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https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-02412788
Contributor : Mary Amoyal <>
Submitted on : Tuesday, December 17, 2019 - 5:10:04 PM
Last modification on : Wednesday, December 18, 2019 - 1:52:47 AM

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  • HAL Id : hal-02412788, version 1

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Citation

Mary Amoyal. Quelle méthodologie pour analyser le sourire lors d'interactions conversationnelles ?. Journée Annuelle des Doctorants 2019, Laboratoire Parole et Langage, Dec 2019, Aix-en-Provence, France. ⟨hal-02412788⟩

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