Champagne-Ardenne et Picardie : la compétitivité et l'attractivité sont-elles une référence pertinente pour les politiques de développement économique territorial ?

Résumé : Cet article cherche à montrer que la dynamique de l’emploi des pôles urbains et ruraux de Champagne-Ardenne et Picardie est assez peu dépendante de leur éventuelle attractivité et/ou gain de compétitivité. La désindustrialisation d’un nombre élevé d’entre eux est même révélatrice d’une perte de compétitivité-coût due à la concurrence internationale, mais aussi, en sens inverse, de gains de productivité qui expliquent une part importante des réductions d’emploi, sans que les méthodes développés ici ne permettent de faire la part des choses. Les services au public sont le moteur essentiel de l’emploi et ne révèlent que marginalement une forme d’attractivité, l’attractivité résidentielle en l’occurrence – desserrement de populations sur le Sud de la Picardie –, l’apport massif d’activités industrielles exogènes n’ayant quant à lui qu’un impact limité à quelques pôles (Clermont-sur-Oise, Saint-Just-en Chaussée, Plessis-Belleville, voire Amiens, si l’on considère les implantations récentes de centres d’appels) Malgré une contribution modeste à la création d’emplois, les politiques d’attractivité sont portées dans les deux régions par de nouvelles agences de développement et par la mise en réseau de celles qui préexistaient, notamment en Champagne-Ardenne qui se distingue également par l’action relativement efficace de la nouvelle agence Reims Champagne Développement. En Picardie, la disparition de l’agence interrégionale CAPDEV a entrainé une prise de relais par les agences départementales et locales, ayant chacune des positionnements assez spécifiques comme la SEMOISE qui intervient également comme aménageur et gestionnaire des aides directes aux entreprises ou le comité d’expansion de la Somme fortement mobilisé dans l’appui aux systèmes productifs locaux. La perte de cohérence de l’offre territoriale qui semble en avoir résulté est peut-être une des explications de la perte d’attractivité en matière d’investissements internationaux. Les politiques locales de compétitivité se sont quant à elles principalement cristallisées sur le modèle technopolitain qui a fondé plusieurs initiatives au sein des deux régions. Ce modèle s’appuie sur l’expérience réussie de l’Université de Compiègne créée en 1972 et qui, dans les années 1980, s’est engagée dans une démarche précoce de valorisation industrielle, avec des résultats limités mais probants. Les retombées de ses politiques en matière de dynamique d’emploi ont toutefois été moins conséquentes que pour d’autres niches de compétitivité, largement fondées sur l’attractivité d’ailleurs, à savoir le tourisme spécialisé en lien avec de grands équipements récréatifs comme le Center Parc de l’Aisne ou les magasins d’usines à Troyes et la logistique à Vatry.
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Contributor : Philippe Thiard <>
Submitted on : Sunday, August 11, 2019 - 4:44:50 PM
Last modification on : Tuesday, August 13, 2019 - 1:12:26 AM

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Thiard cahiers IATEUR 2008.pdf
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  • HAL Id : hal-02265684, version 1

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Philippe Thiard. Champagne-Ardenne et Picardie : la compétitivité et l'attractivité sont-elles une référence pertinente pour les politiques de développement économique territorial ?. cahiers de l'IATEUR, Institut de l'aménagement du territoire et de l'environnement de l'Université de Reims, 2008, La Champagne-Ardenne et la Picardie face aux défis de l'attractivité et de la compétitivité des territoires, pp.59-70. ⟨hal-02265684⟩

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