Du jardin aux jardinières : l'évolution des péristyles dans 'habitat romain.

Hélène Dessales 1
1 Bâtir et décorer dans l'Antiquité
AOROC - Archéologies d'Orient et d'Occident et Sciences des textes
Résumé : Un angle d'observation particulier, celui du rapport entre portique et végétation, permet de préciser l'évolution des péristyles domestiques dans l'Italie et les provinces romaines. Grâce au riche corpus des domus vésuviennes et aux données récentes recueillies sur d'autres sites de l'empire, il est possible de mettre en évidence de nettes mutations, à partir du milieu du I er siècle ap. J.-C., dans le décor de la colonnade et l'organisation du péristyle. Elles vont de la conception initiale d'un jardin ouvert, à la présence de bacs ou jardinières clairement délimités. On observe tout d’abord une fermeture des entrecolonnements, au moyen de divers procédés : barrières de bois ou treilles, dont de multiples témoignages se trouvent à Pompéi ; parapets maçonnés et enduits, de façon plus ou moins élaborée (avec des décors illusionnistes de IVe style) ou balustrades en pierre ; cloisons fenêtrées, maçonnées ou en bois ; écrans d’eau animés de multiples jets d’eau. Ces dispositifs sont associés à la mise en place de jardinières, insérées soit dans les murets qui obturent les entrecolonnements, soit dans ceux qui délimitent des bassins, cette évolution caractérisant tant le péristyle que l’atrium. De tels aménagements, ténus et fragiles, n’ont pas toujours été conservés et, pour les cités du Vésuve, seule parfois la documentation graphique ancienne en permet une restitution. Ce nouveau mode d’agencement des végétaux n’est en rien anecdotique : il révèle une profonde évolution des espaces de dégagement qui, ainsi clos et resserrés sur eux-mêmes, ne se prêtent guère à la circulation, mais offrent lumière et plaisir des yeux aux pièces de réception et éventuellement aux étages de l’habitation. Si, dans certains cas, le choix de jardinières dans le péristyle peut s’expliquer par les limites de l’espace disponible, il témoigne d’un rapport inversé entre plantations et jeux d’eau, qui peuvent occuper une large part du péristyle. Les plantations se trouvent alors au niveau de la colonnade, à l’interface entre le portique et le péristyle, ou bien dans des points délimités de l’espace découvert, sous forme de caissons ou de cavités dans un pavement. Des jardins fragmentés et miniaturisés, en quelque sorte, qui laissent place à d’autres compositions : à partir de la fin du Ier siècle ap. J.-C., jeux d’eau et installations destinés aux banquets de plein air organisent de façon croissante les péristyles, avec un goût prononcé de la mise en scène.
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Contributor : Umr7041 Arscan <>
Submitted on : Wednesday, August 7, 2019 - 11:38:59 AM
Last modification on : Thursday, August 8, 2019 - 1:22:24 AM

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  • HAL Id : hal-02264597, version 1

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Hélène Dessales. Du jardin aux jardinières : l'évolution des péristyles dans 'habitat romain.. Cahier des thèmes transversaux ArScAn, CNRS - UMR 7041 (Archéologie et Sciences de l'Antiquité - ArScAn), 2012, X. ⟨hal-02264597⟩

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