Musée thérapeutique et création culturelle : : Soigner, rétablir ou socialiser ?

Corinne Baujard 1, 2
2 Profeor-CIREL
CIREL - Centre Interuniversitaire de Recherche en Education de Lille (CIREL) - EA 4354 : EA2261
Résumé : Résumé : La médiation appliquée à la créativité culturelle a donné naissance au métier de « muséothérapeute ». Dans le monde professionnel, des salariés peuvent désormais bénéficier des bienfaits des collections des musées pour soigner stress, anxiété, mélancolie ou morosité quotidienne. La culture transforme le rapport à soi, aide à penser le rétablissement dans le domaine de la santé et de l’éducation. Depuis la Renaissance, le contact avec les œuvres d’art améliore la santé physique et mentale des sujets (Brun, 2005). Les thérapies culturelles, l’apaisement des souffrances, le bien être et les échanges avec les autres produisent des émotions favorables sur la perception du réel (Winnicott, 1971). L’exposition « Le Louvre en tête » au sein du musée parisien (2016) était destinée à l’accompagnement de personnes vulnérables conviées à commenter les œuvres observées. Au Canada, une expérimentation menée par une association de médecins sur les modalités de construction du sujet a permis le droit de prescrire des « ordonnances muséales » pour que des patients puissent visiter gratuitement le musée des Beaux-Arts de Montréal. Des visites thématiques sont apparues comme une alternative à la prise de médicaments. En Ecosse, des médecins ont encouragé les randonnées et les promenades au bord de l’Atlantique. L’artiste Jean Dubuffet a démontré que le contact avec les œuvres d’art améliore la santé physique et mentale (Dubuffet, 1986, p. 78). Comment le musée thérapeutique peut-il explorer l’environnement muséal pour accompagner les personnes atteintes de troubles ? La fréquentation du musée est-elle bénéfique pour la santé ? Selon une perspective compréhensive, une expérience d’engagement « forgée par l’épreuve » lors de l’exposition « Art brut du Japon, un autre regard » au musée suisse de Lausanne (novembre 2018- avril 2019) vise à appréhender les œuvres de patients autodidactes, occasion de penser le rapport à soi-même (Cifali, 2018). La visite nous construit, forme autant qu’elle nous surprend, nous dépasse. La découverte de cet espace apprenant ou éducatif dérange nos savoirs communs à des fins de rétablissement. A la vocation pédagogique s’ajoute une « transformation silencieuse » de notre condition humaine selon des potentialités inconnues (Julien, 2009). S’interroger sur les relations du musée au soin thérapeutique est l’occasion de concilier les impératifs éthiques et le respect de la personne. Une centaine de musées français a déjà développé des ateliers qui font sens pour l’existence des personnes. Ils hésitent pourtant à élargir leurs perspectives de reconnaissance du stress, de l’anxiété ou de la mélancolie aux professionnels, à résister aux pressions organisationnelles dans l’environnement de travail ou à distance car il manque des études permettant d’évaluer les facultés du soin au musée.
Document type :
Preprints, Working Papers, ...
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https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-02146323
Contributor : Corinne Baujard <>
Submitted on : Monday, June 3, 2019 - 6:12:26 PM
Last modification on : Friday, June 14, 2019 - 1:16:58 AM

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  • HAL Id : hal-02146323, version 1

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Corinne Baujard. Musée thérapeutique et création culturelle : : Soigner, rétablir ou socialiser ?. 2021. ⟨hal-02146323⟩

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