Acteurs et réseaux d’agroécologie au Burkina Faso : De l’expérience locale à la structuration d’une alternative collective : un agroécologisme des pauvres ?

Abstract : Le Burkina Faso est paradoxalement un des pays pionniers des expériences contestataires et novatrices en agriculture et un des États africains les plus ouverts à la diffusion de pratiques agricoles intensives préconisées par les grands groupes et les organismes internationaux. Mais depuis la fin des années 2000, les crises alimentaires et l’incapacité des politiques agro-industrielles à assurer sécurité et souveraineté alimentaires, ont tout à la fois contribué à l’inflexion du discours institutionnel vers des pratiques agricoles plus respectueuses de l’environnement et des communautés rurales. C’est cette émergence et la construction de ces réseaux que nous analysons dans cette communication. Notre hypothèse est que ce serait construit et se diffuserait actuellement un agroécologisme des pauvres (en prolongement de l’expression de Joan Martinez Alier, d’écologisme des pauvres, 2003). Cet agroécologisme, en plus de proposer une alternative convaincante à des modèles agricoles productivistes, qu’ils soient nourris ou pas d’un nouvel esprit (Fouilleux et al., 2012), réussirait à infléchir les discours des institutions nationales et internationales en matière d’agroécologie et d’agriculture biologique tout en proposant une réelle alternative sous forme de développements endogènes des communautés rurales, et favorisé l’émergence de réseaux d’acteurs engagés dans l’agriculture biologique et dans l’agroécologie.L’émergence et la construction des réseaux sera analysée grâce aux travaux réalisés dans le cadre du programme de recherche action Biosol. Ce dernier a pour objectif de promouvoir de nouvelles connaissances éco-agronomiques innovantes, dites d'intensification écologique, qui puissent apporter des réponses fiables pour assurer un développement environnemental et socio-économique durable dans différentes régions du Burkina Faso. Son originalité provient de l'étroite collaboration entre sciences biophysiques, sciences humaines et acteurs de l'aide au développement français et burkinabè. De la mise au point scientifique des techniques de l'intensification écologique à leur adoption et utilisation autonome par les paysans locaux, de la formation des agriculteurs à la construction des réseaux d’acteurs engagés dans l’alternative agricole, c'est en effet toute la chaîne des transferts de compétence que se propose de réaliser le programme BIOSOL. Dans ce cadre, et en collaboration avec le réseau Centraider, a été organisée à Ouagadougou le 15 février 2013 une rencontre des acteurs de l’agroécologie et de l’agriculture biologique au Burkina Faso qui a réuni plus de 80 structures différentes, dont des têtes de réseaux comme l’ADTAE, l’AGED, l’AIDMR, l’ARFA, l’APAD, Autre Terre, l’AVAPAS, le CEAS, CNABIO, OXFAM Burkina, Terre et Humanisme, Terre Verte..
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Conference papers
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Contributor : Scd Université d'Orléans <>
Submitted on : Wednesday, May 15, 2019 - 3:03:50 PM
Last modification on : Monday, July 15, 2019 - 3:46:00 PM

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  • HAL Id : hal-02130034, version 1

Citation

Bertrand Sajaloli, Mikael Motelica-Heino, Sanou Alain, Denis Chartier, Élodie Baritaux, et al.. Acteurs et réseaux d’agroécologie au Burkina Faso : De l’expérience locale à la structuration d’une alternative collective : un agroécologisme des pauvres ?. Nouvelles formes d'agriculture Pratiques ordinaires, débats publics et critique sociale, Institut National de la Recherche Agronomique Département Sciences pour l’Action et le Développement, Nov 2013, Dijon, France. ⟨hal-02130034⟩

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