Pertinence de l'utilisation de non mots pour évaluer l'intelligibilité

Résumé : La perte d’intelligibilité (degré de précision avec lequel un message est décodé par un auditeur) représente une plainte importante des patients atteints de troubles de production de la parole, puisqu’elle participe à la diminution de la qualité de vie. Plusieurs outils existent pour évaluer l’intelligibilité [1], mesure clé du déficit fonctionnel [2], mais aucun ne satisfait les contraintes cliniques. Les tests classiques reposent sur l’utilisation de listes de mots courtes et fermées. Ce matériau linguistique présente le double inconvénient de permettre la restauration lexicale chez l’auditeur [3] et de favoriser sa familiarisation à la tâche. Ces effets sont accentués lorsque le clinicien utilise ces tests régulièrement. Afin d’affranchir l’évaluation de l’intelligibilité de ces biais, une tâche de Décodage-Acoustico-Phonétique (DAP) [4] basée sur l’utilisation d’un très grand nombre de non-mots , dont la construction a été contrôlée [4], a été développée [5]. Nous émettons l’hypothèse que les principes de construction du DAP permettent de neutraliser ces effets : L’emploi de non-mots doit permettre d’abroger l’accès lexical et leur très grand nombre, de pallier l’effet de familiarisation vis-à-vis de la tâche. Pour explorer l’effet de lexicalisation, nous avons effectué une analyse descriptive de réponses de participants à un test de jugement perceptif de l’intelligibilité. Nous avons relevé et proposé une typologie de leurs réponses au regard de leur statut lexical. Une unité lexicale a-t-elle été perçue et transcrite en réponse à la production d’un non-mot ? Pour tester l’effet de familiarisation, nous avons effectué des tests de jugement perceptif de l’intelligibilité (PercEval ,[6]) auprès de 28 auditeurs naïfs, selon un protocole de test/retest. Nous avons sélectionné 8 locuteurs, patients et témoins, du corpus DAP et constitué deux listes (A et B), composées chacune des 50 productions de 4 locuteurs différents (=200 stimuli/liste). Chaque auditeur a transcrit 3 listes, dont deux fois la même liste. L’effet de familiarisation a été testé en comparant les scores des auditeurs aux listes A et B en fonction du moment de la transcription (T1vsT3, premier et dernier bloc de l’expérience). Les résultats montrent que l’attraction lexicale est faible (6% des transcriptions), mais pas complètement neutralisée. Toutefois ce phénomène de lexicalisation ne perturbe pas l’évaluation de l’intelligibilité car la cible n’est plus lexicale La sensibilité de la tâche de DAP est confirmée: les résultats montrent une intelligibilité significativement plus altérée chez les patients. Les auditeurs n’améliorent pas leurs performances au fil des essais (T1=T3) ce qui montre que le DAP permet de neutraliser l’effet de familiarisation vis-à-vis de la tâche et du matériel linguistique.
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Contributor : Alain Ghio <>
Submitted on : Friday, June 7, 2019 - 2:32:09 PM
Last modification on : Monday, August 26, 2019 - 10:36:00 AM

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  • HAL Id : hal-02098845, version 1

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Marie Rebourg, Muriel Lalain, Alain Ghio, Corinne Fredouille, Virginie Woisard. Pertinence de l'utilisation de non mots pour évaluer l'intelligibilité. Journées de Phonétique Clinique, May 2019, Mons, Belgique. pp.172. ⟨hal-02098845⟩

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