Toulouse (Haute-Garonne), Les occupations protohistoriques et antiques, découvertes sur le site du 105 rue St-Roch

Résumé : La fouille du 105 rue Saint-Roch à Toulouse, a permis d’explorer une surface appréciable (450 m²), située dans le secteur septentrional du quartier Saint-Roch. Un total de 90 faits archéologiques a été mis au jour durant la fouille. Il s’agit pour l’essentiel de creusements (78 Faits) qui se répartissent en fosses, en fossés, en tranchées, en puits et poteaux. Le reste des structures est associé à du bâti avec des sols, et des structures bâties. Six grandes phases d’occupations relativement bien caractérisées et s’étalant sur un millénaire, de la période du Bronze final au Bas-Empire, ont été relevées sur le site. La période la mieux documentée étant le deuxième âge du Fer, période qui fait l’objet de très nombreuses découvertes dans le quartier de la plaine Saint-Roch, depuis plus d’un siècle. Les traces d’ocupations les plus anciennes sont datées du Bronze final IIIb où une aire d’habitat semble s’être développée sur ce secteur, et s’inscrivent dans un recouvrement limoneux, dans lequel des artéfacts datant du Chalcolithique ont été recueillis. La période qui succède à ces premiers niveaux d’occupations est la fin du second âge du Fer, rompant ainsi un hiatus chronologique s’échelonnant du VIIIe s. au milieu du IIe s. av. notre ère. Le début de cette occupation gauloise a été daté du milieu du IIe s. pour perdurer sans interruption jusqu’au premier tiers du Ier s. av. n. ère. Trois phases caractérisées par des réaménagements du site on été distinguées. Les deux premières semblent regrouper des activités domestiques assez similaires au sein d’un ilot « d’habitats » délimité par un fossé. Les puits font leur apparition à la transition entre le IIe et le Ier s. av. n. ère. Un vaste épandange de morceaux d’amphores mêlé à des galets, constituant ainsi un niveau de circulation, caractérise la fin des occupations gauloises sur le site et semble répondre à de nouveaux besoins. Ce type d’aménagement, comme l’interruption de l’occupation constatée pour une grande partie du Ier s. av. n.è., sont des point communs relevés sur les fouilles réalisées dans le quartier Saint-Roch. Quelques artéfacts recueillis dans le niveau archéologique en contact avec les remblais modernes, témoignent néanmoins d’une fréquentation des lieux « en bruit de fond » à la période augustéenne précédant les grands aménagements qui suivront aux Ier et IIe s de n. ère. Un ensemble cohérent regroupant une portion de voirie avec un fossé révèle un axe de circulation important orienté et décalé vers l’ouest par rapport à l’actuelle rue Saint-Roch, bordé de monuments funéraires. La fondation imposante d’un mausolée formant un quadrilatère de 3,50 m de côté, est complétée par deux autres aménagements de proportions plus modestes disposés dans un même alignement en bordure immédiate du fossé. Les traces d’un parement en briques qui était visible depuis la rue, ainsi que des fragments de marbre, témoignent de la qualité de l’ouvrage. L’environnement funéraire est renforcé par la présence des restes d’un bûcher piégé dans une fosse regroupant un mobilier caractéristique fréquemment rencontré en contexte funéraire. Cet ensemble inédit à Toulouse et documenté archéologiquement, suggère une mise en place de ce réseau viaire vers le changement d’ère. Les mausolées semblent avoir été bâtis dans le courant du Ier s. de notre ère, tandis que les restes d’incinérations évoqués sont plus tardifs. Une ultime phase d’occupation correspond à la récupération des matériaux issus des mausolées. Le fond d’une sépulture à inhumation installée dans l’axe du fossé antique, évoque l’utilisation de ce terrain en cimetière, mentionné encore sur un plan cadastral du XVIIIe s. La parcelle qui nous occupe, localisée à l’extrémité méridionale du cimetière de l’église Saint-Roch, devait en effet faire partie de cet espace funéraire. Cette fouille nous offre donc l’occasion d’apprécier ce qu’était cette zone périurbaine de l’entrée sud du Toulouse antique, le long de l’axe de la route Narbonnaise. Ces recherches confirment une extension de cette occupation gauloise dans ce secteur septentrional peu documenté. La succession des niveaux archéologiques révèle un site stratifié à caractère semi urbanisé. Le mobilier recueilli avec notamment les amphores d’origines diverses (Italie, Grèce, Espagne, rhodiennes et tripolitaine) ayant transporté du vin et de l’huile, révèlent des échanges et des liens commerciaux inédits. Ce matériel amphorique ainsi que céramique, est très similaires à celui rencontré sur l’oppidum de Vieille-Toulouse, notamment sur le quartier de La Planho fouillé en 2007 par Philippe Gardes (Inrap) et son équipe. Cette constatation faite plaide en faveur d’un lieu traduisant un habitat, plutôt qu’un emplacement à caractère commercial évoqué sur d’autres secteurs du quartier Saint-Roch. Il nous reste pour l’heure à préciser le contexte des lieux où le parcellaire a sans cesse évolué, modifiant l’organisation des ilots, conséquence directe d’une contrainte d’origine naturelle avec un ruissellement des eaux qu’il a fallu régulièrement canaliser. Nous constaterons enfin que les lieux ont gardé depuis l’installation des premiers mausolées du Haut-Empire, dont le plus important se trouve sous l’actuelle église Saint-Roch, un caractère funéraire, concentré dans l’environnement actuel des rues Saint-Roch et du Férétra.
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Reports
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https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01984354
Contributor : Laurence Benquet <>
Submitted on : Wednesday, January 16, 2019 - 10:13:56 PM
Last modification on : Monday, April 29, 2019 - 5:20:31 PM

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  • HAL Id : hal-01984354, version 1

Citation

Jean-Jacques Grizeaud, Laurence Benquet, Laurent Bruxelles, Sylvie Duchesne, Marie-Luce Merleau, et al.. Toulouse (Haute-Garonne), Les occupations protohistoriques et antiques, découvertes sur le site du 105 rue St-Roch. [Rapport de recherche] INRAP Grand-Sud-Ouest. 2018, pp.505. ⟨hal-01984354⟩

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