LES COMTES D'ARMAGNAC : CRIMINELS OU VICTIMES ?

Résumé : Une légende noire entoure la maison d'Armagnac. Elle fut forgée par leurs ennemis bourguignons au temps de la guerre civile qui enflamma la France entre 1407 et 1435. Les chroniqueurs royaux prirent le relai, dans la seconde moitié du XV e siècle, lorsque la monarchie lutta contre cette dynastie devenue réfractaire à son autorité. Les Armagnacs furent dépeints comme des nobles d'obscure extraction ou dépravés, des brutes exotiques, redoutables dans l'art de la guerre, semant la terreur sur leur passage, comme des loups. Leur rigidité, leur sauvagerie et leur férocité ne semblaient devoir provoquer en retour qu'une furieuse réaction de rejet. Dès 1410, au début de la guerre civile, le bourgeois de Paris explique que le qualificatif infamant d'« Armagnac » vient de l'attitude de Bernard VII lui-même. Pour tout portrait, il écrit que « ledit conte estoit tenu pour tres cruel homme et tirant et sans pitié ». Cette caricature fait des comtes un paradigme de seigneurs turbulents que la royauté entend domestiquer ou neutraliser en cette fin de Moyen Âge. Pourtant, au-delà de cette image, les princes armagnacais paraissent plus représentatifs d'une haute aristocratie française consciente de ses privilèges, notamment en matière d'emploi de la force, et du rôle politique qu'elle estime devoir jouer. Du XIII e au XV e siècle, neuf comtes d'Armagnac de la même famille se sont succédé. Tous ont porté les armes. A de multiples occasions, ils ont pu mettre en valeur leurs compétences guerrières. D'ailleurs, le pouvoir comtal comprend dans ses attributs l'exercice de la force militaire. De plus l'autorité des comtes sur leur principauté repose en partie sur leur capacité à défendre les domaines qui la composent. Les vassaux attendent du prince l'assurance sans cesse renouvelée d'une protection que, selon le contrat féodal, le seigneur doit à son féal. Dès sa jeunesse, le comte ou futur comte reçoit une formation de chevalier le rendant apte à diriger des hommes d'armes. Le prince se place à la tête de ses troupes, que ce soit pour combattre au nom de ses intérêts propres ou pour se mettre au service d'une autre puissance. Entre la fin du XIII e siècle et le milieu du XV e siècle, les comtes d'Armagnac se sont ainsi souvent illustrés dans le conflit franco-anglais autour de la Guyenne. Signe que la qualité martiale est une propriété fondamentale du pouvoir comtal, le prince armagnacais se fait le plus souvent représenter sur son sceau en armure et à cheval, lancé au combat : C'est encore le cas pour Jean IV comte de 1418 à 1450.
Type de document :
Communication dans un congrès
Guerres, violences et corps suppliciés (Antiquité et Moyen Âge), Jun 2011, Le Mans, France
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Contributeur : Emmanuel Johans <>
Soumis le : vendredi 9 novembre 2018 - 12:09:02
Dernière modification le : samedi 10 novembre 2018 - 01:17:51

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Emmanuel Johans. LES COMTES D'ARMAGNAC : CRIMINELS OU VICTIMES ?. Guerres, violences et corps suppliciés (Antiquité et Moyen Âge), Jun 2011, Le Mans, France. 〈hal-01889781〉

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