Stratégies successorales et non exclusion des cadets et des soeurs dans les familles aristocratiques du Rouergue du XIII e au XIV e siècle

Résumé : A partir du XII e siècle, la redécouverte et la diffusion du droit romain dans le midi de la France entraînent une renaissance de la pratique testamentaire. Celle-ci met en avant la liberté de choix du testateur. Ce dernier peut établir un héritier universel, heres universalis en latin, qui est le «successeur moral». L'institution de l'héritier universel évite la dispersion du patrimoine. Ce recours plus systématique au testament qui se répand au XIII e siècle bat en brèche la tendance au partage domanial entre frères et soeurs 1. Ces nouvelles dispositions s'accommodent particulièrement bien avec le droit féodal. Toutefois, la généralisation de la pratique testamentaire n'implique pas un triomphe du droit d'aînesse et une exclusion complète des cadets de la succession 2. D'une part, l'exhérédation est un phénomène rare, aussi bien pour les filles que pour les garçons 3. D'autre part, les XIII e et XIV e siècles sont une période de fixation de coutumes écrites pour les communautés, coutumes qui contiennent des articles se rapportant au droit civil. Or, le droit coutumier, variable d'une localité à une autre et selon le statut juridique des personnes, peut tempérer l'aspiration du testateur à désigner un héritier unique 4. Notre propos est d'examiner les cas de non exclusion successorale des cadets et des soeurs dans les milieux aristocratiques rouergats à la fin du Moyen Âge. Notre travail repose sur l'étude de deux genres de sources pour l'essentiel déposées aux Archives départementales du Tarn-et-Garonne à Montauban, dans la série A : d'une part les actes des comtes de Rodez et d'autre part les registres d'hommages et de reconnaissances féodales livrés à ces mêmes princes. L'avantage de la documentation féodale est qu'elle fait état d'une situation réelle, de manière plus sûre que les testaments qui ne fournissent que les intentions de leurs auteurs. En 1304, le comté de Rodez revient à la maison gasconne d'Armagnac. De prime abord, les pratiques comtales en matière successorale sont spécifiques car elles visent à déterminer l'attribution d'une autorité de rang princier. Mais elles influent aussi sur les règles que suit une noblesse provinciale qui opte encore parfois pour diverses formes de « coseigneurie » dans les fratries. Enfin, les aveux féodaux concernent également quelques roturiers, le plus souvent en ville, parmi lesquels la constitution de communautés de type fraternel commence à se répandre.
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Frères et soeurs du Moyen Âge à nos jours. Brothers and Sisters from the Middle Ages to the Present, 2016
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Contributeur : Emmanuel Johans <>
Soumis le : lundi 8 octobre 2018 - 00:23:15
Dernière modification le : jeudi 25 octobre 2018 - 01:18:40

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Emmanuel Johans. Stratégies successorales et non exclusion des cadets et des soeurs dans les familles aristocratiques du Rouergue du XIII e au XIV e siècle. Frères et soeurs du Moyen Âge à nos jours. Brothers and Sisters from the Middle Ages to the Present, 2016. 〈hal-01889769〉

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