Note de recherche pour le CNESCO sur les facteurs individuels et contextuels de la réussite dans l'enseignement supérieur en France

Résumé : Depuis plus de quarante ans, les recherches françaises sur le parcours des étudiants ont essentiellement porté sur le système universitaire. Les premiers travaux mettent l'accent sur les inégalités sociales de réussite et plus particulièrement sur le rôle exercé par le capital culturel et linguistique des étudiants (Bourdieu & Passeron, 1964). Ainsi, pour ces auteurs, l'Université remplit principalement une fonction de sélection des individus et de transmission de la culture légitime et dominante que possèdent les « héritiers » (étudiants d'origine sociale aisée). L'Université permet, selon eux, la reproduction de la hiérarchie des classes et des structures sociales, en masquant l'origine sociale de l'inégalité des performances scolaires et en les naturalisant à travers une idéologie du don. Cette approche a été fortement contestée par certains sociologues (Boudon, 1973) et certains économistes (Levy-Garboua, 1976) qui considèrent que les inégalités sociales de réussite résultent essentiellement des comportements différenciés des étudiants. Ils appréhendent différemment, selon qu'ils sont d'origine sociale aisée ou défavorisée, les coûts, les risques et les bénéfices des études. Les étudiants d'origine populaire sont plus sensibles au risque d'échouer que les enfants de cadres supérieurs (Duru & Mingat, 1988). Désormais, les travaux sur les étudiants portent davantage sur leurs « manières d'étudier » (Lahire, 1997 ; Fernex et Lima, 2016), leur rapport aux études, leur adaptation et leur intégration au sein de l'Université. Alain Coulon (1997) considère notamment que la réussite des étudiants passe par l'adaptation au fonctionnement de l'Université, par l'apprentissage des méthodes universitaires et enfin par l'acquisition d'une relative maîtrise des règles universitaires. Toutefois, tous ces travaux ont implicitement considéré que les constats que l'on pouvait porter sur les étudiants étaient valides quel que soit leur lieu d'étude. C'est seulement depuis quelques années que la dimension locale et territoriale est introduite dans les recherches (Felouzis, 2001). Enfin sont apparus depuis une dizaine d'année de nouvelles problématiques, en particulier celle du « décrochage » et de l'abandon des études (Beaupère et Boudesseul, 2009), dans un contexte économique où la sortie de l'enseignement supérieur sans diplôme entraîne de plus en plus des difficultés d'insertion professionnelle. Cette note de recherche revient dans un premier temps sur ce que recouvrent l'échec, la réussite et l'abandon des études avant d'examiner plus finement les facteurs individuels et contextuels à l'origine des parcours différenciés des étudiants.
Type de document :
Pré-publication, Document de travail
Note de recherche pour le CNESCO. 2017
Liste complète des métadonnées

Littérature citée [9 références]  Voir  Masquer  Télécharger

https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01886808
Contributeur : Christophe Michaut <>
Soumis le : mercredi 3 octobre 2018 - 11:21:03
Dernière modification le : vendredi 1 mars 2019 - 01:02:56
Document(s) archivé(s) le : vendredi 4 janvier 2019 - 13:40:40

Fichier

Note CNESCO Michaut CREN 10 no...
Fichiers produits par l'(les) auteur(s)

Identifiants

  • HAL Id : hal-01886808, version 1

Collections

Citation

Christophe Michaut. Note de recherche pour le CNESCO sur les facteurs individuels et contextuels de la réussite dans l'enseignement supérieur en France. Note de recherche pour le CNESCO. 2017. 〈hal-01886808〉

Partager

Métriques

Consultations de la notice

69

Téléchargements de fichiers

29