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Conference papers

Introduction d’un nouveau référent dans le récit en chinois L2 : quelle structure informationnelle ?

Résumé : Pendant la production d'un discours, le locuteur doit réaliser de nombreuses tâches comme tout d'abord celles de l'attribution d'un statut d'accessibilité des référents, d'une structure informationnelle et d'une structure thématique (Levelt 1989). Dans cette perspective, nous nous intéressons à comment les nouveaux référents animés (protagonistes) et inanimés (entités) sont introduits dans le récit en chinois langue étrangère (Turco 2008, Zhang 2011). La procédure utilisée consiste en l'analyse d'un corpus oral collecté auprès de locuteurs natifs du français et du chinois, ainsi que d'apprenants francophones du chinois (un groupe de niveau débutant et un autre de niveau intermédiaire). Le stimulus utilisé est une bande dessinée composée de dix planches de quatre dessins. Elle présente un récit de quête pendant laquelle le personnage principal rencontre d'autres protagonistes dont l'apparition est inattendue (sortie d'une entité à trois dimensions). Cette condition peut, d'après Bailard (1981), entraîner la production d'énoncés à sujet nominal postverbal ou inversion locative. Cette étude traite de deux questions : quels facteurs influencent la façon dont les apprenants introduisent un nouveau référent dans le récit ? Quels développements observe-ton avec l'augmentation de leur compétence en L2 ? L'analyse du corpus fournit les résultats suivants : 1) en français, les locuteurs utilisent principalement la structure prédicative canonique (SVO), ils placent un sujet agentif en position préverbale, que ce soit pour introduire une nouvelle entité en fonction d'objet, par le biais des actions du personnage principal (ex. a), ou pour introduire un nouveau protagoniste en fonction de sujet (ex. b) ; 2) en chinois, les locuteurs utilisent majoritairement l'inversion locative, ils introduisent une nouvelle entité (ex. c) ou un nouveau protagoniste (ex. d) en position postverbale, un syntagme référent à une information ancienne et identifiable dans le discours est donc suivie par un syntagme marqué comme indéfini et référant à une information nouvelle dans une structure « présupposition-assertion » (terminologie de Lambrecht 1994) ; 3) les apprenants débutants produisent des énoncés le plus souvent corrects sur le plan grammatical, mais ils utilisent la même structure prédicative canonique que l'on trouve dans le corpus en français ; 4) les apprenants intermédiaires ne se différencient pas des débutants pour l'introduction des entités, mais ils procèdent de façon différente des trois autres groupes pour l'introduction des protagonistes puisqu'ils choisissent souvent la structure présentative (ex. e) ou l'inversion locative, mais avec un verbe d'existence (有 yǒu « avoir ») plutôt que d'apparition comme les sinophones (p. ex. 冒出 mào-chu « jaillir-sortir »). Les productions des apprenants débutants présentent des similitudes syntaxiques avec celles en français. On pourrait voir ici une influence de la langue maternelle sur la L2 (structure syntaxique ou registre de langue). Cependant, Pienemann et al. (2005) montre qu'à un niveau initial comme celui de nos informateurs, les apprenants établissent communément un alignement non marqué entre agent, sujet et premier syntagme nominal de l'énoncé et que ce n'est qu'avec le développement du lecte qu'ils deviennent capables de modifier cet ordre linéaire en topicalisant un autre constituant (hypothèses de l'appariement lexical et du topique). Les apprenants intermédiaires sont en mesure de topicaliser une expression locative, comme le font les sinophones, même si c'est encore dans des proportions différentes. Ils présentent tout de même une différence importante avec la langue cible au niveau du verbe
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https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01826933
Contributor : Arnaud Arslangul Connect in order to contact the contributor
Submitted on : Saturday, June 30, 2018 - 12:36:55 PM
Last modification on : Thursday, October 21, 2021 - 5:02:44 AM

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  • HAL Id : hal-01826933, version 1

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Arnaud Arslangul. Introduction d’un nouveau référent dans le récit en chinois L2 : quelle structure informationnelle ? . 31es Journées de Linguistique d’Asie Orientale, Jun 2018, Paris, France. ⟨hal-01826933⟩

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