Vers une capitalisation des mémoires des traites et des esclavages à Ouidah ? Analyse des politiques publiques mémorielles relatives au passé esclavagiste du Bénin

Rossila Goussanou 1
1 CRENAU - Centre de recherche nantais Architectures Urbanités
AAU - Ambiances, Architectures, Urbanités
Résumé : Les abolitions de la traite atlantique puis de l'esclavage laissèrent place à des mémoires plurielles et traumatiques, dans les différents territoires impliqués. Celles-ci se manifestèrent par une période de silence dans un contexte post-esclavagiste également complexe (indemnisation des planteurs aux Caraïbes, colonisation en Afrique, ségrégation aux Etats-Unis,...). L'apparition d'une « mémoire enchaînée » rendit délicate la reconnaissance publique de la traite et de l'esclavage. L'enjeu social de la mémoire collective, notamment démontré par Halbawchs, explique l'émergence tardive de « politiques publiques de la mémoire » consacrées à l'esclavage ou à la traite négrière. Celles-ci peuvent être définies comme « l'ensemble des modes d'intervention des acteurs publics qui cherchent à produire et à imposer des souvenirs communs à une collectivité donnée». Il faut donc attendre les années 1950 pour que commencent à émerger, sporadiquement, des commémorations officielles de l'esclavage, d'abords aux Antilles puis en Afrique et Europe. Celles-ci prennent place dans un contexte généralisé de résurgence des problématiques mémorielles qui a été amorcé par l'émergence des mémoires de la Shoah sur la scène européenne. Au Bénin, territoire ayant participé à différentes traites négrières (atlantiques et sub-sahariennes), les premières initiatives étatiques concernant ce passé surviennent au lendemain des Indépendances, devant la nécessité de créer une cohésion nationale après des années d'esclavages puis de colonisation. Au cours des quarante dernières années, les autorités publiques sont passées de la simple évocation d'un passé commun à l'élaboration d'actions gouvernementales axées autour de la mémoire de l'esclavage. Cet article se propose d'analyser la manière dont l'Etat béninois a progressivement façonné une « mémoire publique » de son passé esclavagiste au point d'en faire un axe majeur du programme électoral de Talon. Comment se sont constituées, au Bénin, les différentes politiques mémorielles et quels en étaient les enjeux ? Cette communication est issue d'une étude historique et sémiologique de la ville de Ouidah, un ancien comptoir de traite. Menée depuis 2015, cette analyse examine plus particulièrement les manifestations ayant pris place autour de « La Route de l'esclave » de Ouidah, devenue un « lieu de mémoire » emblématique de la traite atlantique. En effet, cette ville du Bénin méridional est représentative des enjeux des politiques mémorielles puisqu'elle cristallise les différentes initiatives gouvernementales.
Type de document :
Communication dans un congrès
Les Journées scientifiques du Management Public Africain (JSMPA) - « Etats des lieux des politiques publiques en Afrique », Sep 2017, Nantes, France. ACTES DE COLLOQUE 〈https://www.raaepp.com/wp-content/uploads/2018/03/Actes_Coll_JSMPA_1.pdf〉
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Contributeur : Rossila Goussanou <>
Soumis le : vendredi 29 juin 2018 - 12:50:03
Dernière modification le : vendredi 14 septembre 2018 - 09:56:10

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Rossila Goussanou. Vers une capitalisation des mémoires des traites et des esclavages à Ouidah ? Analyse des politiques publiques mémorielles relatives au passé esclavagiste du Bénin. Les Journées scientifiques du Management Public Africain (JSMPA) - « Etats des lieux des politiques publiques en Afrique », Sep 2017, Nantes, France. ACTES DE COLLOQUE 〈https://www.raaepp.com/wp-content/uploads/2018/03/Actes_Coll_JSMPA_1.pdf〉. 〈hal-01826352〉

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