Description et saisie des connaissances pour la planification informatisée de séquences d'enseignement

Résumé : Des études ont tenté de mettre au jour la façon dont les enseignants utilisent leur connaissance du contexte pour planifier leurs actions ou prendre des décisions. Selon nous, elles se regroupent en deux approches. La première, d’orientation prescriptive, essaie de modéliser ce processus d’utilisation des données contextuelles. Shulman (1987) montre comment les étapes de l’instruction, l’évaluation et la réflexion s’ordonnent en cycle pour amener l’enseignant à une nouvelle compréhension de la situation. La seconde, descriptive, se centre sur la recension, plus ou moins exhaustive, de ces mêmes variables. Bru (1991) regroupe une douzaine de « variables de l’action didactique » en trois types et montre comment elles pourraient déterminer un profil d’action didactique. La première approche trouve ses limites quand on essaie de la vérifier dans la réalité et la seconde opère souvent une « fuite en avant » en allant vers toujours plus d’exhaustivité. Nos deux études tentent d’observer la dynamique du processus de recueil d’informations chez des instituteurs novices, expérimentés et experts. Elles collectent via un logiciel utilisant la méthode de Rimoldi — leurs descriptions de classe et planifications (S = 20, situation réelle) ; — leur saisie d’informations et planifications (S = 21, situation artificielle). Le contenu déterminé est le français et les mathématiques. Les résultats tendraient à montrer des différences significatives entre enseignants novices et expérimentés à propos de la description ou de la consultation des données à propos des élèves. Des corrélations significatives sont également détectées entre la description ou la consultation de données sur les élèves et l’utilisation de schémas pour planifier. Les faibles différences selon l’expertise et selon la réalité de la situation tendraient à montrer que les enseignants se fient plus, pour planifier, au contexte qu’à leur expérience passée. Le modèle de Rasmussen (1983), décomposant l’activité en trois niveaux (comportements, règles, connaissances), pourrait mieux expliquer ces résultats : les sujets expérimentés traiteraient les données du logiciel comme autant de règles, ce qui les libérerait pour utiliser efficacement le logiciel comme un système de connaissances. À l’inverse, les novices, préoccupés par les connaissances proposées dans les situations, ne peuvent passer trop de temps à comprendre le fonctionnement du logiciel. Ces quelques résultats nous encouragent à continuer d’étudier de tels outils, qui pourraient constituer des aides efficaces à l’enseignant, en rendant les situations plus écologiques.
Type de document :
Communication dans un congrès
2e Congrès d'Actualité de la Recherche en Éducation et Formation, Jul 1996, Paris, France. AECSE, 1996
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Contributeur : Philippe Dessus <>
Soumis le : samedi 23 juin 2018 - 09:06:22
Dernière modification le : lundi 25 juin 2018 - 01:03:32

Identifiants

  • HAL Id : hal-01821895, version 1

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TICE | LSE | UGA

Citation

Philippe Dessus. Description et saisie des connaissances pour la planification informatisée de séquences d'enseignement. 2e Congrès d'Actualité de la Recherche en Éducation et Formation, Jul 1996, Paris, France. AECSE, 1996. 〈hal-01821895〉

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