Analyse sociale de la connaissance et études de cas

Résumé : Analyse sociale de la connaissance et études de cas L'épistémologie sociale est un domaine de recherche en construction. L'usage généra-lisé de cette expression trouve son origine dans la philosophie analytique contemporaine, bien que des auteurs en sociologie des sciences puissent également l'utiliser. L'épisté-mologie sociale répond à une exigence d'utilité publique, à un souci d'application de la philosophie de la connaissance à des problèmes de société. Mais son développe-ment répond également à des questions théoriques soulevées par la philosophie de la connaissance contemporaine. Ainsi, l'épistémologie sociale se nourrit, certes, d'études de cas ; mais il ne faut pas en conclure que son application guide et structure à elle seule ses recherches. Un des défis importants de ce nouveau domaine est d'arriver à concilier l'analyse conceptuelle avec des études de cas, qu'elles soient théoriques ou appliquées. De plus, l'épistémologie sociale souhaite à la fois contribuer aux recherches contemporaines en philosophie de la connaissance et s'adresser à un public plus large, en recherchant une forme d'utilité publique. Ces deux projets ne sont pas faciles à combiner. Le projet d'épistémologie sociale insufflé par Alvin Goldman (1999) a donc deux ob-jectifs. Le premier est de développer une théorie de la connaissance (et de la justification) qui ne soit pas uniquement centrée sur les processus cognitifs individuels. Celle-ci se distingue de la plupart des thèses populaires ces dernières années en épistémologie par deux aspects. Tout d'abord l'épistémologie sociale soutient l'idée que nos croyances et connaissances ne dépendent pas seulement des sources « directes » (BOUVIER et CO-NEIN 2007, p. 18). Il faut comprendre ici par « source directe » le fait pour le sujet de pouvoir s'assurer directement, et de manière autonome, de la vérité d'une proposition (par exemple « il neige » lorsque je suis dehors à le constater). On peut citer comme sources directes de croyances nos perceptions ou encore notre mémoire. En l'absence de cette relation directe (que Russell nomme « acquaintance »), nous parlons d'une source « indirecte » de la croyance, c'est-à-dire médiée, qui est de l'ordre du témoignage, de la description. Le leitmotiv de l'épistémologie sociale est de critiquer l'accent mis, à tort se-lon elle, sur l'analyse des croyances issues de sources directes uniquement. Ce parti pris correspond à l'étude traditionnelle du sujet de la croyance considéré de manière isolé et comme pouvant justifier ses croyances. Dans ce paradigme évidentialiste, les croyances 1
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Études de cas en épistémologie sociale. Argumentation, délibération publique et pratiques collaboratives, Kimé, pp.5-11, 2018, Philosophia Scientiæ
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Contributeur : Pierre Willaime <>
Soumis le : jeudi 28 juin 2018 - 15:54:55
Dernière modification le : lundi 23 juillet 2018 - 12:25:20
Document(s) archivé(s) le : mercredi 26 septembre 2018 - 17:49:56

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Pierre Willaime. Analyse sociale de la connaissance et études de cas. Études de cas en épistémologie sociale. Argumentation, délibération publique et pratiques collaboratives, Kimé, pp.5-11, 2018, Philosophia Scientiæ. 〈hal-01815172〉

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