« " Les beaux contresens " : Macé lecteur de Proust »

Résumé : Macé a pensé la convergence de son imaginaire et de celui de Proust à l’aide d’un tiers, Fortuny. Cet artisan génial est lui-même médiateur entre le monde de la couture et celui de la peinture. Que cache, à la manière d’un « manteau » trop richement brodé, un système de médiations si complexe ? Le Manteau de Fortuny constitue une véritable lecture de Proust – et propose donc une thèse ambitieuse. Celle-ci attaque en Proust le coeur de son esthétique : sa conception du signe et du langage. Pour Proust, le signe de l’artiste est souverain. Il vient à bout de l’indicible ; il est capable de dire la littéralité du réel – sa violence, la terrible emprise qu’il fait peser sur le sujet. Macé pense exactement l’inverse. Il estime que les signes ne sauraient jamais être transparents à la chose puisqu’ils ont pour rôle de la tenir à distance. Ils doivent nous protéger du monde par la rêverie, par la belle image qu’ils suscitent. L’art de Macé est donc un art de l’esquive. L’œuvre de Proust précède celle de Macé ; elle constitue une objection terrible contre le travail de son fervent lecteur. Entre ces deux conceptions de la littérature, il y a un abîme. C’est cet abîme que recouvre « le manteau de Fortuny ».
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Contributor : Stephane Chaudier <>
Submitted on : Saturday, January 27, 2018 - 6:22:53 PM
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Stéphane Chaudier. « " Les beaux contresens " : Macé lecteur de Proust ». D. Viart,. Gérard Macé, la pensée littéraire, Lettres modernes / Minard, p. 149-164., 2007, coll. « Écritures contemporaines ». ⟨hal-01694536⟩

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