Introduction : l'économie des connaissances

Résumé : Avec ce deuxième volet de la thématique « De la gestion de la connaissance à l'économie de la connaissance », l'accent sera mis sur l'économie de la connaissance. Comme nous avons pu le constater à travers le premier numéro consacré à la gestion des connaissances 1 , l'économie des connaissances – ou de l'immatériel – est étroitement liée aux technologies de l'information et de la communication, à la sphère numérique et plus spécifiquement à l'Internet ; corroborant par là même les dires de Benghozi, Bergadaà, et Gueroui 2. Cette économie de l'immatériel repose sur un bien difficilement quantifiable : les connaissances. Selon Delamotte 3 , « la nature du savoir et sa circulation pose de nombreux problèmes de définition, notamment aux économistes et aux sociologues ». Les chercheurs en sciences de l'information et de la communication, comme ceux des sciences de gestion, n'échappent pas à cette difficulté de définir mais également de quantifier l'économie de la connaissance. D'une part, car la connaissance ne peut être considérée comme une denrée en particulier parce que celle-ci est le produit d'une construction intellectuelle inachevée et permanente, en perpétuelle modification et hybridation des contenus. D'autre part, parce que les connaissances (au sens de biens d'apprentissage) ne sont pas commensurables puisqu'elles « ne produisent pas sur les individus des résultats homogènes » ; il devient dès lors très difficile de considérer les enrichissements de la connaissance tant sur un plan cognitif, qu'économique ou informationnel. Nonaka et Takeuchi 4 distinguent les connaissances explicites des connaissances tacites, les unes sont objectives et s'expriment aisément de manière formelle, les autres sont plus subjectives, difficiles à formuler et intrinsèquement liées à l'expérience des individus. Or comme le soulignent ces auteurs, ce sont tout particulièrement les connaissances tacites qui sont à fortes valeurs ajoutées et fondamentales pour l'innovation et la compétitivité. Bien que datant, cette approche fondamentale de la gestion de connaissances reste d'actualité. En effet, comment capter ces connaissances tacites ? Comment circulent et se transmettent-elles? Nous verrons à travers les articles de ce numéro qu'au-delà des dispositifs socio-techniques numériques, qui ne sont in fine que des outils au service de l'homme 5 , la véritable clé de voûte de la production, de la diffusion, du partage et de la valorisation des connaissances humaines repose sur l'interaction entre les acteurs et le sens de ces connaissances dans des contextes ou démarches collectives du rapport aux savoirs. À cet égard, l'économie des connaissances est nécessairement 1 Mallowan, M., Liquète, V.
Type de document :
Article dans une revue
Communication et Management, Eska, 2017, 12
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Contributeur : Lise Verlaet <>
Soumis le : vendredi 5 janvier 2018 - 15:28:01
Dernière modification le : mardi 11 septembre 2018 - 15:18:57
Document(s) archivé(s) le : mercredi 23 mai 2018 - 14:00:13

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Lise Verlaet, Vincent Liquète. Introduction : l'économie des connaissances. Communication et Management, Eska, 2017, 12. 〈hal-01676396〉

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