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La nuit : tous les déplacements des femmes sont gris

Résumé : A bien observer les représentations de la ville de nuit, force est de constater que nous n'avons guère le choix. La nuit de Victor Hugo « Tout ce qui vit, existe ou pense, Regarde avec anxiété S'avancer ce sombre silence » ou l'amour de Lamartine dans « L'hymne à la nuit » (L'aurore t'admire, Le jour te respire, La nuit te soupire) nous font constamment osciller entre peurs et plaisirs, peines et loisirs. Un phénomène d'attraction-répulsion dans lequel la nuit est porteuse d'ambivalences puissantes. L'expérience sociale du nocturne s'en fait aujourd'hui l'écho, tout particulièrement chez des publics en proie aux harcèlements et aux discriminations. C'est le cas des femmes, qu'une récente enquête tente d'appréhender via leurs déplacements urbains. Cette recherche pilotée par ARESVI 2 , financée par Kéolis, Bordeaux Métropole et la mairie de Bordeaux, a été réalisée entre septembre 2015 et juin 2016 auprès de 5218 femmes par questionnaire ainsi que par de nombreux entretiens et des séances d'observations. L'un des constats de cette grande enquête est le poids numérique de la nuit comme théâtre du harcèlement de rue, notamment chez les premières victimes : les étudiantes… Toutefois, toujours situé entre craintes et loisirs, la nuit est souvent ressentie comme un instant ambigu. La nuit : un élément du sensible. Quel que soit le lieu, le sentiment d'insécurité est davantage ressenti la nuit, par les femmes en particulier. Cet élément qualitatif est à analyser non en raison d'un danger réel qui augmenterait au coucher du soleil, mais selon des représentations sociales du nocturne. L'affaiblissement des flux de population dans certains lieux et l'accumulation d'échanges dans d'autres polarisent les émotions. Ainsi, ce n'est pas le manque de lumière qui, seul, augmente le sentiment d'insécurité des femmes lors de leurs déplacements nocturnes, mais plus vraisemblablement la dimension sociale de la nuit. Si la nuit n'est pas pensée comme une extension du domaine du jour (de l'activité, de la visibilité, etc.), la « diurnisation » de certains espaces (places, boîtes) et de certaines temporalités (horaires de travail atypiques) inscrivent la nuit comme un défi, pour les aménageurs/ses, mais également pour les habitant.e.s. Plus encore, la nuit représente souvent un risque significatif, qui évoque tous les dangers, le moment de la journée où une femme ne devrait pas se retrouver au dehors,
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https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01663768
Contributor : Arnaud Alessandrin Connect in order to contact the contributor
Submitted on : Thursday, December 14, 2017 - 12:12:24 PM
Last modification on : Saturday, June 25, 2022 - 10:37:56 AM

Identifiers

  • HAL Id : hal-01663768, version 1

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Citation

Arnaud Alessandrin, Johanna Dagorn, Laetitia César-Franquet. La nuit : tous les déplacements des femmes sont gris. 2017. ⟨hal-01663768⟩

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