« Culte des martyrs et communion civique dans l’Église lyonnaise, Ve-VIe s. »

Résumé : L’hypothèse d’une continuité fonctionnelle entre les cultes du paganisme et ceux du christianisme a contribué à façonner l’idée que les saints auraient servi, entre autre, à garantir une unité civique. Dans la collection de sermons dite d’Eusèbe gallican (Ve siècle, Gaule du sud-est), cette unité est effectivement exprimée, en termes familiaux d’abord (le saint est le frère des fidèles) puis en termes politiques (il est aussi leur concitoyen). Un contexte de déclin d’une cité face à une autre (Lyon face à Arles pour [Bailey 2010]) et/ou d’éloignement de Rome et/ou d’accroissement des ambitions épiscopales et/ou de concurrence entre la ville et la campagne [Bailey 2003] expliqueraient l’apparition d’un « chauvinisme » (parochialism) inédit. Comme dans le paganisme cependant s’instaure en vérité un lien dialectique plus subtil entre cette identité locale exprimée par le culte d’un dieu ou d’un saint, et l’appartenance à une communauté plus vaste, le panthéon du paganisme ou l’Église universelle mystique définie comme communion des saints. Du IVe-VIIe siècles précisément, les sources hagiographiques exprimeraient qu’il existe « une Église de saints dépassant la seule Gaule » [Heinzelmann 2010, p. 34], une Église qui n’est ni nationale, ni seulement locale. Le but de la communication est de reprendre cette question brownienne par excellence en privilégiant l’unité de lieu : les textes hagiographiques qui célèbrent des saints de Lyon entre le IIe et le VIIe siècle montrent-ils davantage l’apparition du parochialism ou celle de l’universalisme ? De fait, les deux sermons sur lesquels est fondée l’interprétation de L. Bailey sont des cas particuliers dans Eusèbe Gallican : ce sont les deux seuls sermons lyonnais. Par ailleurs, les textes hagiographiques produits à Lyon et parlant des saints de Lyon sont assez nombreux pour les Ve et VIe siècle pour permettre une analyse chronologique (Vies de saint Just, Passion de saint Irénée, Passion des saints Epipode et Alexandre). Au terme de l’étude, le culte des saints dans l’Eglise lyonnaise contribue à forger une unité civique particulière, dans la mesure où elle n’est que très peu appuyée sur la topographie de la cité. La cohérence de la communauté ecclésiale est davantage fondée sur le partage d’une histoire commune (celle des martyrs de 177) et la présence d’une lignée d’évêques. C’est donc une communauté de mémoire plus qu’une communauté civique proprement dite – ce qui explique que les modèles de sainteté retenus puissent sembler universels – reposant sur la mise en évidence d’un modèle ecclésial hiérarchique (modèle épiscopal) et mystique (communion des saints).
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Aux origines des saints patrons, dir. J.-P. Caillet, H. Inglebert, B. Dumézil et St. Destephen, Paris, Picard, 2015, 2015
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Contributeur : Marie-Céline Isaia <>
Soumis le : mardi 21 novembre 2017 - 14:52:50
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Marie-Céline Isaïa. « Culte des martyrs et communion civique dans l’Église lyonnaise, Ve-VIe s. ». Aux origines des saints patrons, dir. J.-P. Caillet, H. Inglebert, B. Dumézil et St. Destephen, Paris, Picard, 2015, 2015. 〈hal-01643546〉

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