Le dragon dans la littérature et les arts médiévaux,

Résumé : Si l’on s’appuie sur les représentations contemporaines du dragon, on pourrait, à juste titre, se demander pourquoi j’ai choisi de m’intéresser à cet animal. Après tout, l’analyse de ce monstre fantastique semble réserver peu de surprise. Ses représentations figurées, que vous connaissez bien par les jeux vidéos, les romans de medieval fiction ou le cinéma dit fantastique, paraissent extrêmement codifiées : un animal de grande taille, généralement vert, rouge ou noir, dotées d’ailes semblables à celles des chauves-souris ou des ptérodactyles, de quatre pattes terminées par des griffes, d’une queue de saurien ou de reptile, et d’une gueule crachant le feu. Sur le plan dramatique ou symbolique, le dragon est majoritairement un monstre hideux et maléfique, dont la seule raison d’être semble de permettre aux qualités extraordinaires du héros ou de l’élu(e) de se manifester en lui. Il est destiné à être mis à mort, réduit à néant. Si ce monstre abominable et malfaisant continue d’inspirer le cinéma et la littérature, il côtoie également un gentil dragon apte à enchanter les cœurs des enfants, dont il peut devenir le meilleur ami. Il passe alors de la couleur rouge ou noire, au rose ou au blanc, de la peau glacée du reptile à la fourrure douce et fournie d’un bon gros toutou. Cette image moderne du dragon masque en grande partie la complexité et donc l’intérêt présenté par cet animal fantastique. Les siècles ont gommé et simplifié sa dualité et la diversité des symboles qui lui étaient attachés. En effet, au Moyen Âge, le dragon est l’un des monstres porteurs de la charge symbolique la plus complexe de l’histoire des cultures, comme l’a très bien remarqué Jacques Le Goff. Le dragon est, en effet, l’un des animaux fantastiques qui a suscité la fascination la plus durable. De tous les monstres créés par l’imagination humaine, il est à la fois le plus gigantesque, le plus terrifiant, et le plus attirant. Créature chtonienne, associée aux profondeurs de la terre, il maîtrise le feu qu’il crache, l’air où il prend son vol, et les étendues aquatiques qui lui servent de refuge. Il est ainsi lié aux forces de la nature, la terre, l’air, le feu et l’eau, qui lui confèrent sa puissance hors du commun. Mais le dragon est aussi intimement uni au chaos originel, au vide primitif, au temps des commencements. C’est pourquoi il est si présent dans la littérature et les arts, toute époque et lieu confondus, de l’Antiquité à nos jours, en Occident comme en Orient.
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Conférence donnée le 17 mars 2011 à l'ISH de Lyon. 2011
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