L’œnotourisme : quelles implications pour les territoires et les vignerons ? Exemple dans le Val de Loire

Résumé : Malgré des débuts plus tardifs qu’ailleurs, l’œnotourisme connaît un réel essor en France. Ceci est particulièrement perceptible dans le Val de Loire, qui a attiré en 2016 13 % des œnotouristes. Dans le cadre de cette intervention, deux vignobles y seront pris en exemple, Bourgueil et Vouvray. L’un est rural ; l’autre, péri-urbain. L’évolution spatiale de l’occupation des sols sur ces deux territoires a été retracée, entre les années 1950 et aujourd’hui, grâce à la mobilisation de photographies aériennes et d’une carte IGN. L’analyse révèle des oppositions entre les deux vignobles qui connaissent des trajectoires bien distinctes : l’un progresse pendant que l’autre régresse. Vouvray est en effet confronté à la menace de l’urbanisation, en raison de la proximité de l’agglomération tourangelle. Pour autant, les deux vignobles font face à des défis communs, économiques, liés notamment à une concurrence accrue par la mondialisation et, pour faire face aux difficultés, une stratégie similaire se met en place. Ces actions procèdent d’une volonté de promouvoir, comme ailleurs, l’œnotourisme et les « œnoloisirs ». Quelles en sont les incidences pour les territoires et pour les vignerons ? L’étude se fonde sur des observations conduites in situ, dans les deux vignobles, sur des entretiens semi-directifs menés auprès des acteurs locaux (viticulteurs, syndicats des vins) et sur l’analyse de sites internet et de la littérature grise. On constate une implication de tous les acteurs dans le développement de l’œnotourisme : office de tourisme, municipalités mais aussi habitants et bien sûr viticulteurs. Et pour cause, l’œnotourisme crée de l’activité et est ainsi un moyen de redynamiser le territoire. Pour le viticulteur, en particulier, il s’agit de trouver une nouvelle clientèle et, par là même, de diversifier ses revenus. Mais l’œnotourisme marque aussi le territoire, ses paysages, de son empreinte. On y constate les fondements de la stratégie mise en place : une mobilisation et une patrimonialisation du paysage viticole. Par ailleurs, l’œnotourisme n’est pas sans répercussion pour le viticulteur. En effet, celui-ci doit s’adapter. Il voit son métier évoluer puisqu’il doit désormais aussi accueillir ces touristes. Plus encore, sa manière même de cultiver se transforme dans la mesure où, avec l’œnotourisme, de nouveaux usages se développent dans les vignobles : ces espaces de culture deviennent des espaces de promenade, dédiés aux « œnoloisirs » et des conflits d’usage peuvent alors apparaître. Le viticulteur n’est plus seulement un agriculteur ; il devient, de plus en plus, un acteur du tourisme mais aussi un « jardinier » devant offrir aux touristes de beaux paysages à admirer et des « espaces verts » pour se balader.
Document type :
Conference papers
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https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01533107
Contributor : Amélie Robert <>
Submitted on : Monday, June 5, 2017 - 8:43:54 PM
Last modification on : Wednesday, March 21, 2018 - 10:54:07 AM

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  • HAL Id : hal-01533107, version 1

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Citation

Amélie Robert. L’œnotourisme : quelles implications pour les territoires et les vignerons ? Exemple dans le Val de Loire. Matinée Innovation, Inno’vin (cluster de la filière vitivinicole en Nouvelle Aquitaine), May 2017, Bordeaux, France. ⟨hal-01533107⟩

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