Les courses alimentaires à l'heure des drives : nouvelles pratiques, nouvelles mobilités ?

Résumé : Avec le développement du commerce électronique, les pratiques d'achats des consommateurs et les infrastructures physiques du commerce de détail connaissent des transformations profondes, en particulier dans le domaine de l'alimentation. Même si le succès du e-commerce concerne d'autres produits, les achats alimentaires sont en progression : entre 2007 et 2011, la part des Français ayant acheté de la nourriture ou de l'épicerie sur Internet est passée de 3 % à un peu plus de 6 % (Gombault, 2013). Cette tendance s'accompagne d'une diversification des produits alimentaires disponibles sur Internet, du développement de nouvelles offres (comme des produits vendus directement par des producteurs ou des groupements de producteurs), mais aussi d'une diversification des possibilités de récupération de ces achats. La livraison à domicile est fortement concurrencée par les points de retrait, notamment les drives. Depuis 2011, le nombre de drives a dépassé celui des hypermarchés (Carrelet et Cruzet, 2014). Ces changements prennent place dans un contexte de transformations des formats, fonctions et localisations des magasins marqué notamment par un essoufflement des hypermarchés et centres commerciaux périphériques, et un renouveau du commerce de proximité (Delage et al., 2015 ; Lestrade, 2013 ; Solard, 2009), qui va de pair avec une recherche croissante de qualité. Cette communication s'intéresse aux déterminants du recours au drive, à la façon dont cette pratique contribue à transformer l'organisation (spatiale, temporelle et intra-familiale) des courses alimentaires au sein des ménages, ainsi qu'aux conséquences en matière de lieux d'achats et de mobilités quotidiennes. Elle s'appuie sur une enquête par questionnaire réalisée en 2015 en région Bourgogne-Franche-Comté auprès de 380 ménages complétée par une dizaine d'entretiens, ainsi que sur une enquête en cours par questionnaire auprès d'un échantillon représentatif de 900 ménages français. Les premiers résultats pour la Région Bourgogne montrent que les utilisateurs de drives sont sur-représentés parmi les ménages jeunes, diplômés, comportant une femme active et au moins un enfant. La capacité à utiliser Internet, en particulier le fait d'y effectuer d'autres achats (non alimentaires), influence également positivement le recours au drive. La principale motivation avancée par les personnes enquêtées en Bourgogne concerne le gain de temps libre offert par le drive : d'une part la récupération de la commande est rapide, et d'autre part les ménages tendent à optimiser ce temps en greffant le retrait de leurs achats sur leur trajet de retour du travail, alors que les courses en supermarché ont plutôt lieu le samedi et à proximité du domicile. Enfin l'enquête menée en Bourgogne montre que, pour l'instant, la pratique du drive est plutôt complémentaire à celle du supermarché, même si elle en diminue la fréquentation. Elle conduit aussi à une forme de rééquilibrage des déplacements pour achats au sein des couples, les hommes participant plus à la récupération des courses au drive, qu'aux achats en supermarché. Ces premiers résultats seront complétés par l'analyse des entretiens (en cours) ainsi que les résultats de l'enquête nationale auprès de 900 ménages français, qui permettra notamment de questionner les spécificités des ménages parisiens et franciliens.
Type de document :
Communication dans un congrès
Commerce et Changements Urbains, Jan 2017, Paris, France. Commerce et Changements Urbains, 15p, 2017
Liste complète des métadonnées

https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01519773
Contributeur : Ifsttar Cadic <>
Soumis le : mardi 9 mai 2017 - 11:42:04
Dernière modification le : vendredi 13 juillet 2018 - 15:38:01

Identifiants

  • HAL Id : hal-01519773, version 1

Citation

Delphine Pernot, Leslie Belton Chevallier, Benjamin Motte Baumvol, Anne Aguilera. Les courses alimentaires à l'heure des drives : nouvelles pratiques, nouvelles mobilités ?. Commerce et Changements Urbains, Jan 2017, Paris, France. Commerce et Changements Urbains, 15p, 2017. 〈hal-01519773〉

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