Penser (autrement) la Gestation pour autrui : aspects philosophiques et juridiques des nouvelles formes de procréation

Résumé : Bien que la gestation pour autrui (GPA) soit conçue à l'origine comme une forme de procréation permettant de palier l'infertilité des femmes souffrant d'une absence ou d'une malformation de l'utérus, cette technique est rapidement apparue comme une forme d'accès à la parentalité, non seulement pour les couples hétérosexuels mais aussi pour les couples de même sexe ou les personnes célibataires. Plusieurs cas de figure sont possibles : la femme porteuse, comme son nom l'indique porte l'enfant d'un couple (parents d'intention) qui sont les parents génétiques de l'embryon (GPA plaine) ou la femme porteuse peut également être la génitrice, c'est-à-dire qu'elle apporte ses ovocytes et se fait inséminer par l'un des membres du couple, elle a donc un lien génétique avec l'enfant qui sera toutefois remis à la renaissance aux parents d'intention (GPA partielle). Il se peut également que l'embryon implanté chez la femme porteuse n'ait aucun lien génétique avec les parents d'intention (don d'embryon). Si elle est sur la scène médiatique et dans le débat politique depuis peu de temps, la GPA ne constitue pas une pratique nouvelle. Dans l'Ancien Testament, Abraham apparait comme le premier usager de cette forme de procréation : sa femme Sarah étant stérile, c'est son esclave Agar qui lui fera un enfant pour assurer la progéniture. Dans la Rome antique, un citoyen, dont l'épouse était féconde, pouvait la céder à un autre, dont la femme était quant à elle stérile. L'enfant qui naissait de cette union sexuelle passagère était réputé être celui du deuxième homme et était élevé comme le sien propre par le couple infertile. Les anthropologues ont également démontré que, dans les sociétés traditionnelles, certaines formes de gestation pour autrui sont courantes. La parenté constitue un phénomène culturel qui ne correspond pas nécessairement avec la reproduction biologique. Selon la représentation culturelle et les conceptions philosophiques qui la sous-tendent, plusieurs réponses juridiques ont été données dans les différents pays. Nous pouvons les regrouper en trois grands groupes : prohibitionnisme, libéralisme, régulationnisme.
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Contributor : Daniel Borrillo <>
Submitted on : Saturday, February 18, 2017 - 1:59:33 PM
Last modification on : Wednesday, July 4, 2018 - 11:14:10 PM
Long-term archiving on : Friday, May 19, 2017 - 12:24:56 PM

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Daniel Borrillo. Penser (autrement) la Gestation pour autrui : aspects philosophiques et juridiques des nouvelles formes de procréation. 2017. ⟨hal-01471015⟩

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