DE LA NUMERISATION VERS l’UBERISATION’ DE L’UNIVERSITE : : quel scénario prospectif pour une coopération digitale/numérique Université-Entreprise-Société ?

Résumé : Le triple rôle des universités en tant qu’établissements d’éducation du plus haut niveau, de recherche avancée et d'innovation de pointe, place, comme processus de création des connaissances et moteurs de cette ambition, les universités en lien avec les Entreprises et la Société de la Connaissance. Cela s'est traduit dans les politiques menées par les gouvernements de différents pays : aussi il est intéressant que les universités/écoles de la Russie puissent évoluer leur « e-formation numérique » afin d’exprimer tout leur potentiel à l’international en Europe et dans le Monde. Nous représentons à l’édition 2017 de GAIDAR FORUM le cas français qui a adopté les dispositifs concernant l'apprentissage depuis longtemps: il s’agit ainsi de la Loi 2004 relative à la formation professionnelle « …mesures pour la formation professionnelle – droit individuel à la formation pour les salariés, recours à l'apprentissage, contrats de professionnalisation, financement des actions des formations ». Ces dispositifs à l’exemple français ouvrent la possibilité de coopérations entre le secteur public et les entreprises, notamment à travers les perspectives par les voies de e-formation. Suite à l'étude de divers projets que nous avons menés à l’Université Paris 13 au laboratoire Centre d’Economie Paris Nord (CEPN) et avec l’Association Internationale des Professeurs et Maîtres de Conférences des Universités, nous nous interrogeons sur la problématique de la section du Forum: quel sera le rôle des universités et des universitaires pour des programmes de e-formations numériques et pour quels quatre scénarios prospectifs de l’Université (publique ou privée) - l’Ecole Supérieure de Business – Entreprise sont-ils viables ? A l’égard du scénario projectif de la « numérisation » de l’enseignement supérieur vers celui d’« ubérisation » … quelle sera la réponse systémique de leadership pour la Société de la Connaissance ? Aux quatre scénarios plutôt « classiques » proposés par l’OCDE, nous rajoutons un scénario assez récent, celui que nous appellerons « Uber Université » à la proposition à l’exemple d’Uber géré par les plateformes numériques. Les plateformes sont des moyens numériques permettant d’obtenir des gains de productivité en exploitant les actifs sous-utilisés et en générant par l’agrégation des informations un apprentissage exponentiel des comportements et des habitudes. Les plateformes sont les fruits de l’économie collaborative : Uber, Airbnb, Blablacar avec des ressources mobilisées de leurs utilisateurs (voitures, chambres et appartements, services de livraison) ou, encore … le temps (babysitting), l’affection et l’émotion (Meetic)... On note que la connaissance est une ressource du consommateur qui est souvent sous-utilisée, à cause de son développement assez progressive dans l’économie collaborative (Bénavent, 2016). L’individu actuel met en disposition ses connaissances et ses compétences au profit des entreprises ou des plateformes d’entreprises créatives (ex : eYeka, plateforme de Crowdsourcing qui remplacerait la R&D des entreprises), une approche que nous avons appelée pour les pratiques de consommation entre 2003-2015 « Knowledge Marketing » (Curbatov, 2015). Cette connaissance d’utilisateur pourra être utilisée comme une ressource sous-utilisée pour l’apprentissage des individus. On notera pour le scénario de l’Université ‘ubérisée’ que les individus ne souhaitent pas forcement coopérer, mais que c’est la plateforme numérique via son algorithme qui coopère pour eux. Ceci est une ‘perspective proche’ ( www.kokoroe.fr/ ou l’antenne de l’Université Free42 à Silicon Valey) pour les futurs étudiants ou les employés des entreprises: en réduisant des coûts d’apprentissage et des formations, les utilisateurs se mettent en relation et en collaboration en mettant à disposition de tous leurs connaissances ‘à la demande’, sur l’espace numérique ou physique et en dégageant un apprentissage géré par les plateformes numériques SANS coordination d’institutions d’enseignement public ou privé, entreprises et surtout SANS professeurs qualifiés. C’est l’économie de partage qui prendra différentes formes de formation et d’apprentissage selon la création des ressources immatérielles comme « nouvelles connaissance d’utilisateur » et qui permettra de délivrer un service d’apprentissage, voire une qualification à un métier. Il suffirait à l’étudiant/apprenti de faire sa requête de formation, l’algorithme identifiera en fonction du profil de l’utilisateur nomade (grâce à un Big-Data de connaissances, biologiques, etc… avec le modèle de la recherche scientifique qui sera également uberisée, à savoir : qui possède des connaissances à co-ré-apprendre, où se trouve cette personne ou ce groupe de personnes et quand sont-ils disponibles et à quel endroit (physique ou numérique). Le rôle de l’université ‘uberisée’ consistera à agréger diverses informations sur les apprentissages des individus, à automatiser en rapprochant des agendas des co-apprenants et, c’est la plateforme qui définira le ‘prix’ la formation. Le principe essentiel d’un tel fonctionnement ne consiste pas à un simple transfert des documents, MOOC/cours en ligne/consultation des forums… Ce qui sera spécifique et diffèrent, sera la coordination numérique, la capacité d’orchestrer un nombre considérable de relations entre les prestataires de connaissances, d’utilisateurs et des entreprises, d’un ordre de grandeur pouvant s’exprimer en dizaine ou centaines de millions. Il s’agit d’une véritable rencontre des personnes en ligne et en présentiel avec un apprentissage. A l’issue de divers apprentissages effectués et des données des Big Data transformés par des plateformes, ils délivreront un diplôme d’enseignement par ladite « Uber Université » qui probablement serait reconnu par les entreprises ou par les communautés des pratiques (clusters) connues. L’Université sans enseignants-chercheurs sans souveraineté individuelle ou nationale serait-elle submergée par ce scénario proche?
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Intervention au Gaidar Forum 2017 les 12-14 janvier 2017. 2017
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Oleg Curbatov. DE LA NUMERISATION VERS l’UBERISATION’ DE L’UNIVERSITE : : quel scénario prospectif pour une coopération digitale/numérique Université-Entreprise-Société ?. Intervention au Gaidar Forum 2017 les 12-14 janvier 2017. 2017. 〈hal-01445497〉

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