Politiques culturelles : le niveau monte-t-il ?

Résumé : 20 ans de mise en oeuvre des premières formules de communauté de communes (loi ATR 1992), 15 ans pour les premières communautés d’agglomération (loi Chevènement 1999), plus de 30 ans pour les premières lois de décentralisation, et 10 ans pour la LOLF, et enfin bientôt 60 pour les traités de Rome, aux origines de l’Union Européenne. Tous ces anniversaires ont un point commun : l’idée simple selon laquelle la résolution des problèmes publics passe par le changement de niveau d’action vers le haut (Faure, Leresche, Muller & Nahrath 2005).Les « problèmes » dont il est question sont divers (urbanisation à réguler, aménagement territorial à égaliser, administration à rationaliser, paix et prospérité communes à favoriser), mais l’hypothèse est la même : un changement d’échelle s’impose pour résoudre des enjeux qu’un traitement à l’ancienne laissait en jachère. Sur tous ces fronts, le pari sur l’avenir radieux de l’échelle nouvelle butte cependant sur de sérieuses difficultés. Avec ironie, certains émettent l’idée qu’en l’espèce, ce gouvernement commun n’est rien d’autre que tenter de résoudre à plusieurs des problèmes qu’on n’aurait pas rencontrés tout seul. C’est d’ailleurs encore aujourd’hui la rhétorique, dans la plupart des domaines d’action publique, de communes cultivant un isolationnisme local motivé par l’égoïsme fiscal ou la crainte de dépendance politique. Mais les choses sont complexes, car un projet de coopération apparemment volontaire et ambitieux peut, tout aussi bien, masquer une vraie stratégie d’égoïsme à plusieurs (Estèbe 2008) : coopérer entre « frères » pour éviter la solidarité à l’égard de « cousins ». Et puisque la chose est complexe, nous proposons ici de la mettre en scène sous la forme de cinq échanges d’arguments sur l’intrigue suivante : en quoi le niveau monte-t-il ?, au-delà du constat numérique. Les bilans statistiques de l’intercommunalité française, des transferts de compétences aux régions, des attributions de souveraineté à l’Union Européenne sont largement connus. En quoi peut-on dire, dans le domaine culturel, que le niveau monte ? Sur chacun des thèmes d’échange, les arguments les plus positifs vont être confrontés aux motifs de scepticisme ou de critique plus radicale. Après cette confrontation entre thèse et antithèse du changement de niveau, il restera au lecteur de produire sa propre synthèse.
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Contributor : Emmanuel Négrier <>
Submitted on : Friday, January 13, 2017 - 12:38:34 PM
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Emmanuel Négrier, Philippe Teillet. Politiques culturelles : le niveau monte-t-il ?. L'Observatoire, la revue des politiques culturelles , Observatoire des politiques culturelles 2013, pp.29-34. ⟨hal-01434596⟩

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