Optimisation mnésique par detection de la familiarité: mémoire du familier, oubli de l’inconnu

Résumé : Selon l’hypothèse d’encodage par la nouveauté (Tulving & Kroll, 1995), la détection de la nouveauté augmente la probabilité d’encodage en mémoire à long terme. Des études récentes suggèrent pourtant que le niveau de connaissances préalables (la familiarité) serait un meilleur prédicteur pour l’encodage à long terme (Bird et al., 2011). La notion de connaissances préalables est en outre variable selon les études (Poppenk et al., 2010). Enfin, l’impact de la détection de la nouveauté ou de la familiarité lors de l’encodage sur les processus de récupération en mémoire, comme son évolution avec l’âge, demeurent inconnus. Cette étude visait à déterminer si l’encodage à long terme en mémoire déclarative est facilité par la nouveauté ou au contraire par la familiarité des informations à mémoriser, et par quels mécanismes. 56 volontaires sains (16 jeunes (25-35 ans), 20 participants d’âge intermédiaire (36-59 ans) et 20 âgés (60-75 ans) se sont vus administrer une expérience de mémoire de reconnaissance après une évaluation neuropsychologique exhaustive. Trois types de visages étaient étudiés de manière incidente, associés à un contexte particulier (paysage de plage ou de campagne). Dans la condition d’exposition préalable pré-expérimentale («EPP»), il s’agissait de visages célèbres; la condition d’exposition préalable expérimentale («EPE») incluait des visages inconnus ayant fait l’objet d’une familiarisation avant la phase d’étude; enfin la condition «nouveauté» («NOUV») ne comportait que des visages totalement inconnus. Après la phase d’étude, un test de reconnaissance de type Oui/Non était administré, associé à une évaluation de la mémoire de la source et à des jugements de confiance pour l’item et la source. Résultats Les conditions EPE et EPP étaient associées aux meilleures performances en mémoire de reconnaissance, sans effet d’âge. L’analyse des jugements de confiance et de la mémoire de la source montrait un avantage isolé de l’exposition préalable pré-expérimentale, uniquement dans les deux groupes les plus jeunes, et une absence d’effet des connaissances préalables chez les âgés. Discussion Nos données suggèrent que la détection de la familiarité, et non de la nouveauté, bénéficient à l’apprentissage en mémoire à long terme. Cet avantage de la familiarité semble étroitement lié aux processus de récollection, en ce qu’il disparaît avec l’affaiblissement physiologique de ces processus avec l’âge.
Type de document :
Communication dans un congrès
Journées de Printemps de la Société de Neuropsychologie de Langue Française, May 2016, Liège, Belgique
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https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01416692
Contributeur : Pierre-Yves Jonin <>
Soumis le : mercredi 14 décembre 2016 - 17:09:53
Dernière modification le : vendredi 15 février 2019 - 01:29:23

Identifiants

  • HAL Id : hal-01416692, version 1

Citation

Pierre-Yves Jonin, Audrey Noel, Emeline Le Lann, Serge Belliard, Christian Barillot, et al.. Optimisation mnésique par detection de la familiarité: mémoire du familier, oubli de l’inconnu. Journées de Printemps de la Société de Neuropsychologie de Langue Française, May 2016, Liège, Belgique. 〈hal-01416692〉

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