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Directions of work or proceedings

A.G., Cahiers Armand Gatti

Résumé : En 2012, les Editions Verdier faisaient paraître un imposant volume : La Traversée des langages d’Armand Gatti. Ces 1312 pages constituent ce qui doit désormais être considéré comme le quatrième tome des œuvres théâtrales — les trois premiers avaient paru en 1991, déjà chez Verdier. Quelques rares éditions antérieures (Les Incertitudes de Werner Heisenberg, Feuilles de brouillon pour recueillir les larmes des cathédrales dans la tempête et dire Jean Cavaillès sur une aire de jeu ou Le Couteau Toast d'Evariste Galois) donnaient idée des formes et des enjeux de ce « théâtre quantique », à forme de « cathédrale », dont la figure de Jean Cavaillès serait l’inspiratrice et l’horizon. Les créations-expériences de pièces de la « Traversée », de Sarcelles ou de Neuvic, de Besançon ou de Ville-Evrard, révélaient l’étendue du continent exploré, mais elles étaient rares. Enfin, quelques études publiées à l’initiative de Lucile Garbagnati lors de la création bisontine par Gatti d’une des pièces de « La Traversée » ainsi que la publication ( ?) / la création, à valeur de manifeste, de le très manifeste « Didascalie se promenant seule dans un théâtre vide » alertaient sur l’importance de ce travail à venir. Mais il était difficile d’imaginer, sans l’avoir en main, sur papier bible, la consistance de cette nouvelle période d’écriture, née au milieu des années 1990. Tel est le l’enjeu du dossier de ce numéro présenté ici. Non pas « revenir sur… » mais bien venir à cette « Traversée » et proposer des (premières) lectures d’ensemble ou des approches plus circonscrites, s’attacher à définir des orientations. Ce travail est humble, inaugural, partiel, première traversée de la « Traversée », en parallèle d’ailleurs à l’exposition réalisée par Stéphane Gatti, récemment tenue à la Parole errante : Hypothèses de travail pour entrer dans La Traversée des langages d'Armand Gatti. C’est que cette « Traversée », qui comprend quatorze pièces, est intimidante à surgir ainsi. Elle mobilise tout un ensemble de références, de noms propres, d’enjeux qu’il faut apprendre à connaître — ou accepter d’ignorer dont il faut passer outre l’ignorance. Plus encore : elle ne ressemble à rien de ce qui se lit et de ce qui se crée au théâtre. Elle déroute les horizons d’attente, déstabilise les repères et rend impuissants oblige à repenser les outils traditionnels de l’analyse dramaturgique. Le dossier réunit ainsi des études et des écrits qui tentent tous, à leur manière, de désigner la nouveauté de cette œuvre. Non pas que la nouveauté fût en soi une valeur, mais elle est ici, comme par nécessité, le premier terme de la recherche : de quelle singularité littéralement in-ouïe inouïe et « in-vue » jamais vue fait preuve ce théâtre ? Que propose-t-il qui le rend si rare sinon unique ? A quelles cohérences rend-il ainsi justice ? Les lectures proposées sont comme De tout ceci se creusent des sillons divers dans l’œuvre, qui parfois tantôt se croisent, tantôt d’autres fois se tiennent à distance les uns des autres. Ce sont donc Comme autant de façons de s’aventurer dans cette Traversée et d’y partir à la recherche d’objets particuliers qui sont ici exposées. De suivre la question que l’on se pose et, parfois, de dévier au contact d’une autre... Celles-ci sont nombreuses, fruits De multiplier les interrogations, qu’elles naissent de la lecture assidue des pièces ou de leur découverte sur « l’aire de jeu », à l’occasion d’une expérience… L’une des questions posées qui, plus ou moins souterrainement, anime ces travaux pourrait être celle du théâtre : le devenir que Gatti lui invente. Et si, de toute évidence, ce quatrième tome des œuvres théâtrales déploie un nouveau théâtre, avec des grammaires et des syntaxes, des mobiles et des espérances inédits, il se pourrait bien que ceci prolonge singulièrement le théâtre proposé dans les trois premiers ouvrages. C’est pourquoi un dossier est par ailleurs consacré à la création du Crapaud-buffle au Théâtre Récamier en 1959. Il s’agit, à l’initiative de Jean Vilar, de la première pièce de Gatti mise en scène et jouée, non sans difficultés ni brutales critiques. Le montage du Crapaud Buffle et de La Traversée des langages fait ainsi mémoire de plus d’un demi-siècle de recherche et d’écriture et, par delà les variations, les modifications, les transformations, de la cohérence d’un projet théâtral qui n’a de cesse de défier la petitesse et l’étroitesse des images que l’homme se fait de lui-même.
Document type :
Directions of work or proceedings
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https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01402605
Contributor : Catherine Brun <>
Submitted on : Thursday, November 24, 2016 - 9:25:48 PM
Last modification on : Tuesday, November 19, 2019 - 11:54:11 AM

Identifiers

  • HAL Id : hal-01402605, version 1

Citation

Catherine Brun, Olivier Neveux. A.G., Cahiers Armand Gatti . Catherine Brun, Olivier Neveux. France. La Parole errante, 286 p., 2012, La Traversée des langages. ⟨hal-01402605⟩

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