Les joies du camping au prisme des professionnels de l’hébergement de plein air

Résumé : Parcourir les pistes de la Loire à vélo (LAV) permet de prendre la mesure des promesses qui associent découverte de la « nature », milieux naturels et voyage à vélo. Le fleuve est là, tout proche, et sa présence réelle est autant une invitation à traverser ses imaginaires qu’à y immerger son corps. Camper s’impose comme une manière de faire étape, congruente avec l’immersion dans le paysage. L’observation participante des pratiques des cyclotouristes a permis d’une part de souligner l’importance des campings pour des raisons pratiques et économiques, d’autre part de pointer des potentiels de développement touristiques et culturels autour des aménagements des structures d’hébergement, notamment des campings. L’activité des exploitants de campings semble beaucoup moins documentée que celle des campeurs. Pour autant, la profession évolue. Elle s’efforce notamment de se situer dans une démarche écologiquement vertueuse. Ce critère est devenu incontournable pour les professionnels qui réalisent des investissements importants afin de développer leur chiffre d’affaire. Tout répondant au dogme contemporain du « développement durable », certaines infrastructures investissent dans la qualité de leur prestations afin d’offrir des possibilités de confort qui peuvent s’apparenter aux locations en dur. L’hébergement de plein air occupe une place privilégiée pour les 800000 cyclotouristes qui empruntent les pistes de la Loire à Vélo. Mais il constitue également une forme d’hébergement touristique de premier plan. Comme le note le « Guide pratique des professionnels de l’hôtellerie de plein air », « Grâce à des efforts constants et une réelle volonté de dynamiser le secteur, les professionnels ont renouvelé hébergements et services dans l’optique de satisfaire une clientèle toujours plus exigeante, en termes de confort, de sécurité et de loisirs. Désormais, la diversité et la qualité des prestations font du camping une véritable hôtellerie de plein air, qui rencontre un succès croissant auprès des consommateurs (plus de 104 millions de nuitées en 2010).» Ces mutations à la fois qualitatives et quantitatives ne semblent pas se traduire par d’importantes modifications en termes de développement durable. En la matière, aucune obligation n’est faite aux acteurs de l’hébergement de plein air. Nos hypothèses de départ visaient à questionner la cohérence entre l’aménagement des campings et le développement local. Ces lieux offrent-ils une alternative à la consommation de masse et aux plaquettes en quadrichromie des offices de tourisme ? Quelles sont les capacités des acteurs à développer des circuits économiques courts en relation avec le tissu économique et associatif local (approvisionnement vivrier régulier sur place en collaboration avec les PME, AMAP et associations, agriculture raisonnée et bio). Quelles relation entretiennent-ils à l’énergie et aux restes (construction de sanitaires décentralisés, coin compost, tri des déchets, recyclage) ? Les campings sont-ils des infrastructures ouvertes sur la connaissance et la reconnaissance des écosystèmes ? L’observation du ciel constitue-t-elle un potentiel de développement touristique viable, et dans quelles conditions ? L’aménagement d’espaces communautaires et leur animation (bibliothèque contributive, soirées contes) est-il souhaité et envisageable ? Comment les collectivités territoriales se positionnent-elles pour accompagner la dynamique des circuits courts ? En terme de réception de ces aménagements, peut-on comparer les attentes des campeurs aux attentes des visiteurs de musée ? Nous avons enquêté auprès des 14 campings du département de l’Indre et Loire en rencontrant 12 acteurs impliqués de près ou de loin dans leur gestion. Très vite, nos hypothèses se sont révélées inopérantes, parce que très éloignées des réalités de la majeure partie des campings. Les données collectées incitent à décrire la diversité des types de structures et à en présenter une typologie. L’accompagnement des collectivités territoriales varie selon leur statut (privé, public, régie direct ou délégation). Quelque soit le type de campings, leur intégration au territoire et dans un réseau demeure très inégale, et souvent à construire. Leurs efforts en matière de développement durable restent très parcellaires et ont peu d’impacts directs sur les usagers. Enfin, de la tente à l’ancienne avec ses piquets et ses sardines aux bungalows tous équipés, le changement de paradigme place les campings dans le rôle de médiateur avec « la nature », plus que comme un moyen de s’y immerger.
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Rapport
[Rapport de recherche] Natour. 2016
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Contributeur : Christophe Apprill <>
Soumis le : lundi 5 septembre 2016 - 15:11:49
Dernière modification le : vendredi 16 septembre 2016 - 15:20:52
Document(s) archivé(s) le : mardi 6 décembre 2016 - 13:57:47

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Christophe Apprill. Les joies du camping au prisme des professionnels de l’hébergement de plein air. [Rapport de recherche] Natour. 2016. 〈hal-01360199〉

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