L’application de la Constitution civile du clergé par les juges : étude des registres du tribunal de district de Dijon

Résumé : Dans ses principes, la Révolution est-elle laïque ? La question peut se poser à partir du moment où la souveraineté nationale, la liberté religieuse et la liberté des cultes sont proclamées. La première période de la Révolution est marquée, au contraire, par une radicalisation du gallicanisme. En effet, au nom du principe de l’égalité devant la loi, l’État sécularisé soumet les ecclésiastiques aux lois, comme tous les citoyens. Quant à la Constitution civile du clergé du 12 juillet 1790, sanctionnée le 24 août, elle les fonctionnarise et entend leur imposer l’idéal de la Constituante. L’encadrement et la surveillance par les autorités séculières s’opèrent, en particulier par les tribunaux : les archives du tribunal de district de Dijon, statuant au civil et au pénal, apportent de précieux compléments aux études nationales et locales et ce, au-delà de la détermination de la liste des assermentés ou encore des procédures extraordinaires (émigration, arrestations, confiscations…). Le dépouillement général et systématique des registres (procès-verbaux, minutes, plumitifs… soit plus de trois mille feuillets) – indispensable en raison des lacunes des tables et des inventaires du tribunal –, recoupé par les sources des archives religieuses et les études réalisées sur le clergé, permet de déceler, par le biais de ces litiges ordinaires, la nouvelle conception des rapports entre l’État et les Églises, tout du moins en l’occurrence, l’Église catholique, les affaires dijonnaises ne mentionnant aucune autre religion. De ces litiges, il en ressort non seulement les difficultés rencontrées par les ecclésiastiques en tant qu’individus, mais une application radicale du gallicanisme. En effet, les tribunaux, avec les corps administratifs, sont chargés « de protéger le libre exercice des cultes religieux par tous les moyens que la loi a mis dans leurs mains ». Ainsi le tribunal de district de Dijon entend non seulement faire respecter strictement la Constitution civile du clergé mais exercer un contrôle moral des ecclésiastiques. Le schisme créé par cette loi est une des causes de la guerre civile en France et aboutit, sous la Ire République française à la première loi de séparation (18 septembre 1794) qui prend fin avec le Concordat de 1801.
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Conference papers
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https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01347866
Contributor : Anne Ulrich-Girollet <>
Submitted on : Thursday, April 13, 2017 - 3:29:15 PM
Last modification on : Friday, June 8, 2018 - 2:50:09 PM
Long-term archiving on : Friday, July 14, 2017 - 12:13:21 PM

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  • HAL Id : hal-01347866, version 1

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Anne Girollet. L’application de la Constitution civile du clergé par les juges : étude des registres du tribunal de district de Dijon . Religion et Révolution en Côte-d’Or, Nov 2010, Dijon, France. pp.105-131. ⟨hal-01347866⟩

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