Enseignants et instituteurs en Algérie : Les luttes enseignantes dans la décolonisation 1945-1965

Résumé : Le capitalisme colonial a été à l’origine d’un colonialisme de peuplement en Algérie (1830-1962). Ainsi, après la conquête militaire, l’objectif principal était de conquérir moralement les Algériens, désignés à l’époque, de manière péjorative, comme « indigènes ». Cependant, bien qu’enrobés dans l’idéologie du devoir de civilisation « des races supérieures vis-à-vis des races inférieures », les moyens mis en œuvre à travers l’extension des lois Ferry à partir de 1883, étaient à peine adaptés à la formation de cadres intermédiaires et d’un stock minimal d’une main d’œuvre alphabétisée en français pour les besoins de l’entreprise coloniale. Deux hypothèses sont examinées et validées dans cette recherche à la fois sociologique et historique. La première pose une influence déterminante du mouvement national algérien sur la scolarisation, notamment après 1945. Dans ce sens plus on se rapproche de l’indépendance et plus la scolarisation augmente quantitativement par exemple. La seconde pose des continuités et des ruptures dans la fonction bloquée de médiation du groupe enseignant (en situation coloniale). Le mouvement syndical (enseignant) lui-même n’a commencé à intégrer la « question algérienne » dans ses préoccupations qu’après la seconde guerre mondiale et encore plus franchement après le déclenchement de la guerre d’Algérie. Dans ce cadre nous avons observé une intervention significative d’une minorité d’instituteurs en faveur de l’amélioration de la scolarisation et des conditions sociales des enfants «indigènes », au nom des valeurs républicaines. Certains, au péril de leur vie, choisiront même le camp du Front de Libération Nationale, au moment où beaucoup d’autres décideront de quitter le Syndicat National des Instituteurs pour fonder un syndicat ouvertement proche des ultras. L’ampleur et la nature des contradictions nées fondamentalement d’une « Algérie française », qu’aucune politique militaire ou civile n’a pu masquer, n’ont permis l’émergence d’aucune solution non violente alternative. Cependant, même en pleine guerre, des liens humains et socio-pédagogiques ont été tissés autour de la figure de l’instituteur. Ces liens, ayant souvent débordés le cadre étroit de la classe, ont permis la poursuite de l’école même dans des conditions précaires de l’après indépendance de l’Algérie. Sur le plan méthodologique la recherche s’est appuyée sur des statistiques, notamment pour reconstituer le mouvement de scolarisation et la formation des instituteurs. Mais aussi et surtout des questionnaires, des entretiens et des auto-biographies d’instituteurs.
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Rapport
[Rapport de recherche] Institut Maghreb Europe (Paris 8) ; Unsa Education. 2006
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Soumis le : mercredi 6 juillet 2016 - 16:51:06
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Aissa Kadri, Ahmed Ghouati. Enseignants et instituteurs en Algérie : Les luttes enseignantes dans la décolonisation 1945-1965. [Rapport de recherche] Institut Maghreb Europe (Paris 8) ; Unsa Education. 2006. 〈hal-01341823〉

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