Skip to Main content Skip to Navigation
Journal articles

Textes transfuges, textes refuges. Fonctions de l'intertextualité dans "En finir avec Eddy Bellegueule" d'Édouard Louis

Résumé : En janvier 2014 était publié En finir avec Eddy Bellegueule d'Édouard Louis. Ce premier roman, qui raconte à la première personne la vie d'un jeune garçon gay issue d'une famille ouvrière habitant un village de la Somme, de sa petite enfance jusqu'à sa fuite vers la ville et les débuts d'une vie nouvelle d'intellectuel, a d'abord été reçu comme un document. Édouard Louis, déjà directeur d'un livre collectif sur l'oeuvre de Pierre Bourdieu , se glisserait dans les pas de Didier Eribon (à qui le livre est dédié), lui-même auteur de Retour à Reims, pour livrer une analyse de type sociologique à partir de sa trajectoire personnelle de jeune homme gay et transfuge de classe. Pourtant, le livre d'Édouard Louis semble opérer un double geste. Il se présente d'abord explicitement comme un « roman », et la mention figure juste en dessous du titre sur la page de couverture du livre. Aucune référence précise, aucune note en bas de page, comme chez Didier Eribon, ne viennent scander le récit autobiographique et lui donner la forme d'un essai en sciences sociales, et « tout ceci doit être considéré comme dit par un personnage de roman », suivant la formule de Roland Barthes. Le deuxième geste consiste en l'inscription forte et consciemment opérée de son texte à l'intérieur d'une constellation d'oeuvres et d'auteur·e·s qui rendent compte à leur manière d'une même expérience : celle du transfuge de classe d'un homme gay issu des classes populaires. À travers la mise en place de tout un réseau de références intertextuelles plus ou moins explicites, le roman s'insère dans un mouvement collectif d'explorations (littéraires ou non) de ce type d'expérience, que l'on peut appeler « récits de transfuge ». Ces récits explorent en particulier une certaine forme d'expérience, éthique et poétique, où la quête de l'identité passe par la rencontre avec des vies partagées par le biais de la littérature. Ce sont ces différents effets de l'intertextualité qu'il va s'agir d'examiner ici dans le roman d'Édouard Louis, en se concentrant plus précisément sur un cas particulier, qui n'est d'ailleurs peut-être pas le plus évident : celui de la référence très forte à Jean-Luc Lagarce, écrivain et dramaturge, né en 1957 dans une famille ouvrière et mort en 1995 des suites du sida. Éthique et poétique de l'intertexte Chez Édouard Louis, les éléments d'intertextualité sont si constants et si nombreux que l'on peut les considérer comme une dimension importante de son écriture.
Complete list of metadatas

Cited literature [9 references]  Display  Hide  Download

https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01316015
Contributor : Cyril Barde <>
Submitted on : Friday, May 13, 2016 - 11:31:42 PM
Last modification on : Tuesday, May 5, 2020 - 11:50:19 AM
Document(s) archivé(s) le : Wednesday, November 16, 2016 - 5:07:02 AM

File

A Etude BT Ed D 20 09 (1).pdf
Files produced by the author(s)

Identifiers

  • HAL Id : hal-01316015, version 1

Citation

Cyril Barde, Triquenaux Maxime. Textes transfuges, textes refuges. Fonctions de l'intertextualité dans "En finir avec Eddy Bellegueule" d'Édouard Louis. Inverses : littératures, arts, homosexualités, Société des amis d'Axieros, 2015. ⟨hal-01316015⟩

Share

Metrics

Record views

503

Files downloads

991