Nature des villes : usagers et gestionnaires, entre perceptions et réalité de terrain

Résumé : L’intérêt pour la nature en ville est croissant, tant au sein de la société que dans les politiques publiques (Mehdi et al., 2012) ; les recherches sur le sujet se multiplient. Cette proposition entre ainsi dans le cadre d’un programme de recherche qui se focalise sur les espaces verts urbains – SERVEUR (SEvices Rendus par les espaces VErts URbains). Financé par la région Centre, celui-ci analyse les services écosystémiques culturels rendus par ces espaces, en vue d’identifier les retombées sociales et environnementales, pour les populations autant que pour les collectivités territoriales. L’objectif de notre contribution est d’étudier comment les gestionnaires de la ville et les usagers des espaces verts perçoivent la nature en ville. Y a-t-il une adéquation ou un décalage entre les perceptions des deux groupes ? entre les déclarations et la réalité sur le terrain ? Notre travail porte sur quatre villes, chefs-lieux de département de la région Centre, Blois, Bourges, Chartres et Châteauroux. Dans chacune, un espace vert urbain a été sélectionné, correspondant à une des catégories identifiées dans le cadre du programme SERVEUR : -le parc de l’Arrou à Blois : Parc d’agrément, grand espace vert ; -le jardin de Lazenay à Bourges : Bois et espace semi-naturel ; -le parc Central Chartres : Parc d’agrément, de quartier ; -la prairie St-Gildas à Châteauroux : Bois et espace semi-naturel. Nous y avons conduit des enquêtes et des entretiens auprès des usagers et des gestionnaires locaux (techniciens, chefs de service et élus). Parallèlement, nous avons réalisé plusieurs études in situ : -une étude de la qualité des sols ; -une étude de la biodiversité (présence des arthropodes) ; -une étude socio-économique qui s’est intéressée au revenu des riverains, au pourcentage des ménages propriétaires et au prix des logements anciens. Les entretiens et enquêtes, auprès des usagers comme des gestionnaires, soulignent l’association qui est faite entre espaces verts urbains et bien-être ; espaces de loisirs, de détente, de rencontre, ceux-ci concourent à améliorer la qualité de vie des citadins. Mais les acteurs locaux révèlent une autre perception de la nature en ville par le citadin, une perception antagoniste. Le citadin veut les avantages de la nature mais sans les inconvénients (exemple, pollen) ; il plébiscite les actions en faveur de la protection de la nature mais préfère une nature ordonnée, entretenue : les bois et espaces verts semi-naturels sont peu fréquentés. Les indicateurs socio-économiques semblent confirmer cette tendance. Plus encore, ils relativisent l’impact des espaces verts : la proximité d’un parc n’est qu’un facteur parmi d’autres dans le choix du quartier d’habitation. Par ailleurs, la nature en ville peut être vue comme artificielle ; elle n’est pas moins un lieu de biodiversité, aux sols de qualité relativement bonne. Apparaît ainsi un décalage entre les perceptions des différents acteurs, entre les déclarations et la réalité sur le terrain. Mehdi, L. et al. (2012), « Évolution de la place du végétal dans la ville, de l’espace vert à la trame verte », VertigO, vol. 12, n° 2, http://vertigo.revues.org/12670
Document type :
Conference papers
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https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01205811
Contributor : Amélie Robert <>
Submitted on : Sunday, September 27, 2015 - 8:20:06 PM
Last modification on : Wednesday, March 21, 2018 - 10:54:07 AM

Identifiers

  • HAL Id : hal-01205811, version 1

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Citation

Amélie Robert, Jean Louis Yengué. Nature des villes : usagers et gestionnaires, entre perceptions et réalité de terrain. Colloque international Nature des villes, nature des champs. Synergies et controverses, EA CALHISTE, EA Discontinuités, EA TVES et laboratoire Laplec, Sep 2015, Valenciennes, France. ⟨hal-01205811⟩

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